‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 183 sur 201 · COLIGNY · texte numérisé non relu

COLIGNY

Pevoat (Cours moyen, p. 55).

Porlrait de Coligny avec celte légende : l'Amiral Coligny était un homme de ijrund cœur el de grand esprit... Coligny disait au <oi : Sire, il faut faire cesser ces odieuses guerres civiles qui décUireiil votre beau royaume. Les prolestants et les catholiques sont des Français, néunissonsles autour du même drapeau, dans une guerre contre l'ennemi commun, l'Espagne.

Uacoiilele meurtre de François de Guise, le décrit mémedans une image, mais ne fait aucune allusion à la complicité de Coligny.

GiiTHiEB el Deschamps (Cours élémentaire, p. 47)-

Le noble amiral de Coligny...

(Cours supérieur, p. 85.)

Image représentant « Guise devant le cadavre de Coligny », avec cette légende : Coligny ne sacrifia jamais l'intérêt de son pays à l'intérêt de sa religion. H fut, à tout moment. Français et patriote. Il n'eut qu'un but : le devoir. Le duc de Guise, en le faisant tuer, a commis une infamie dont sa mémoire restera souillée à jamais^.

GuiùT cl Mase (Cours moyen, p. 95).

Un chej protestant, l'amiral Culigny, a horreur des guerres de religion; il veut les faire cesser... CUnrIcs IX est enthousiasmé par Us généreux projets de cet Immmc île Otcn.

SOMMAIRE. — Saints « laïques ii du protestantisme. — Double légende à détruire. — Coligny ne fut pas an grand général. — Ses échecs et ses défaites. — Ne commanda jamais sur mer. — Défait à Dreux (1562), Jarnao et Moncontour(1569). — Excelle dans les retraites.

— Coligny, complice de l'assassinat de Guise en 1563.

— Le protestantisme et l'assassinat politique au XVIa siècle. — Aveux de Poltrot de Méré. — Sa glorification par les protestants. — Cruautés de Coligny pendant les guerres de religion. — A Orléans, dans l'Angoumols. — Trahison de Coligny. — Coligny livre Le Havre et Calais à l'Angleterre. — Texte du traité conclu contre

I. Sans vouloir excuser Guise, rappiloiis que Coligny avait été «^omplice de l'assassinat en i50î, de François de Lorraine père de

la France par Coligny, Condé et la reine Elisabeth. - Coligny conscient de son crime. - Indignation générale en Franco, sauf chez les ministres protestants cosmopolites. - Exécution de la trahison. - Aucune comparaison à établir entre l'alliance de Coligny avec l'Angleterre et l'alliance de la Ugue avec l'Espagne.

Quoi qu'ils en disent, les protestants ont leurs Saints. Sans doute, ils ont renié ceux du Christianisme.rejelé le culte des apôtres qui ont londé l'Eglise par leurs predications, des martyrs qui l'ont fait triompher par leur mort, des ascètes, des mystiques et des héros qui 1 ont sanctifiée par leurs vertus, et ils déclarent idolâtriques les hommages que leur rend l'Église catholique. Précurseurs en cela des anarchistes de nos jours, ils ont jete à la voirie les images de la Vierge et des Saints.el partoutou ils l'ont emporté, ils ont détruit, avec un vandalisme féroce, toutes leurs statues. Encore de nos jours, leurs temples nus sont fermés à toutes les représentations figurées des héros du Christianisme.

Mais le protestantisme n'a pas pu enlever à l'ame humaine cette tendance naturelle qui la porte à vouer un culteauxètres supérieurs qui.par leursqualités éminenles, ont élevé l'humanité vers la Divinité ; et après avoir supprimé les Saints qu'avaient produits quinze siècles de vie chrétienne, ils en ont inventé de nouveaux. C'est en effet un vrai culte qu'ils ont voué aux fondateurs et aux premiers apôtres de leurs sectes, Luther, Calvin, Théodore deBèze, Mélanchton, Zwinglc, Knox et aux personnages politiques tels que l'électeur de Saxe, Elisabeth d'Angleterre, qui, par leur adhésion et parfois leurs violentes interventions contre les catholiques, ont assuré, dans certains pays, la victoire de la Réforme. Ce culte, il est vrai, n'est pas entouré des pompes de la liturgie; mais il n'en est pas moins réel et profond. Si elles ne pénètrent pas dans l'intérieur des temples, les statues de ces personnages en

ornent les faoarles on les absides ; celle de Coligny s'elcve contre l'Oratoire de Paris. Leur mémoire est tellement sacrée que l'on considère comme un blasphème toute réserve portée par la criUque sur leurs actes. On ne parle d'eux qu-avec un respect religieux. C'est une étude hasiosraphiq.ie que le pasteur Doumergue a consacrée à Calvin et on pourrait, sans paradoxe, en comparer les pieuxacceuts à ceux que fait entendre Jacques de Voragine dans sa Lcgemle dorée. A leurs Saints les protestants ont prêté des miracles; tel celui qui aurait assuré, pendant trois jours, la nourriture au protestant Jacques Merlm, après la Saint- Barthélémy. « 11 se laissa choir dans un grenier à foin, raconte Agrippa d'Aubigné, entre le tas et la muraille, se trouva la tête cachée de ce qu'il avait fait tomber sur lui et fut ainsi trois jours et demi, où il fut mort de faim sans une poule qui, en ce temps, lui vmt pondre trois œufs dans sa main >. »

Parmi tous les Saints que le protestantisme français présente ainsi à la vénération de ses adeptes, les plus illustres, après Calvin, sont l'amiral de Coligny et la reme de Navarre, Jeanne d' Albret, mère de Henri IV. Le premier est pour eux le vaillant soldat dans les mains duquel Dieu mit son épée, le martyr qui succomba pour sa foi dans la nuildelaSaint-Barthcleray ; la seconde est lafemme forte, qui, émule de la prophétesse Débora, extermina, dans ses éUU de Navarre, l'idolâtrie sous sa lorme papiste ! Les manuels scolairesontreprispourleurpropre compte ce culte des gloires protestantes, par suite de celte solidarité qui les unit aux prolestantsdausune haine commune contre le catholicisme, et à leur tour, ils présentent Coligny à la vénération de la jeunesse de France. Ils le laïcisent, il est vrai. Au lieu d'en faire un héros du Christianisme suscitépar Dieu pour faire triompherla Reforme, ils le donnent comme un défenseur de la liberté de cons-

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