‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 184 sur 201 · I. IIiiG. La France protetlante; arl\c\e Medin · texte numérisé non relu

I. IIiiG. La France protetlante; arl\c\e Medin

412 HISTOIRE PAKTIALE, HISTOinE VRAIE

cience et des victimes de l'intolérance : ils en feraient presque un libre-penseur. Au lieu de le comparer à David, ils l'assimilent aux philosophes qui se sont taits les apôtres de la tolérance ; et ainsi, ils ajoutent leur falsification historique à celle dont les protestants s'étaient déjà rendus coupables. Dès lors, la tâche de l'historien vraiment impartial devient doublement difficile, puisqu'il doit dégager Coligny de la double légende qui cache à nos yeux sa vraie pliysionomie, la légende protestante qui l'a transformé en héros du Christianisme, et la légende « laïque » qui en a fait un apôtre de la tolérance et do la hbre pensée.

On a essayé de présenter Coligny comme une de nos gloires nationales, comme un grand général, victorieux dans de nombreux combats, comme un hardi navigateur heureux dans ses entreprises coloniales. A de semblables affirmations les faits et les documents donnentle plus formel démenti. Il lit ses premières armes, en 1543, dans la Flandre et ne réussit qu'à s'y faire blesser. Mis à la tête d'un régiment, il prit une part importante aux opérations qui avaient pour but de iaire lever aux Anglais le siège de Boulogne, puis, quand ils eurent pris celle ville, de le» en déloger (1545). L'expédition échoua complètement. Nommé cependant coluiie général de l'infanterie par la faveur de Henri II (1547), il ne réussit pas à prendre, en 1554, la place de Dinaiit e présida à Id retraite de Renty. Deux ans auparavant (11 novembre 1552), il avait été nommé par Henri II amiral de France; mais, dit un de ses panégyristes « cette fonction fut purement honorifique; car il ne commanda jauiais d'escadre et même monta bien rarement sur un vaisseau » ».

On lui fait grand honneur de certaines expéditions navales qui eurent lieu alors au Brésil pour ouvrir aux Français de vastes régions à coloniser. Coligny n'y prit

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