COLIGNY
d'une étrange manière d'avoir une part quelconque au meurtre du duc de Guise. « L'amiral, y disait-il de lui, au nom de Dieu et de sa conscience, réfute le soi-disant seigneur de Méré. Sans doute, il l'a connu; il lui a même donné une fois vingt écus, une autre fois cent écus comme à son espion.... Je confesse que, quand j'ai ouï dire à quelqu'un qu'il tuerait. s'U le pouvait, M. de Guise jusque dans son camp, je ne l'ai pas détourné. Mais sur ma vie et mon honneur, jen'ai ni sollicité, niapprouve un attentat comme celui du sieur de Méré'. » 11 est facile de voir l'aveu qui se dissimule mal derrière les solennelles dénégations. Il est possible que Poltrot de Méré n'ait pas été sollicité le premier par Colign}-. quoique ses déclarations le prétendent: mais, de son propre aveu. Coligny a connu son dessein et ne l'en a pas dissuadé. Il a donné au meurtre non son approbation, mais son consentement; autrement dit, il le réprouvait comme une action odieuse, mais l'a laissé faire comme une action utile. N'a-t-il pas écrit luimême, dans une lettre accompagnant ce mémoire justificatif, que lamort du duc de Guise . était le plus grand bien qui pût advenir à ce royaume et à l'Eglise de Dieu » "^ »
La conclusion qui s'impose est bien simple. Si nous en croyons Poltrot de Méré, Smith et Chantonnay, Coligny a été l'instigateur du crime et il a lui-même soudoyé l'assassin. Si nous l'en croyons lui-même, il n'a pas arrêté le crime et en a été le complice. Dans les deux cas. il partage avec Poltrot de Méré la responsabilité de l'assassinat. Malgré la casuistique de sa réponse, il na pas pu se laver d'une accusation aussi accablante.
Cet assassinat fut d'ailleurs approuvé et même glorifié par la plupart des huguenots. Les protestants sont mal fondés à reprocher aux ligueurs leur enthousiasme en faveurde Jacques Clément,meurtrier de Henri I M, puisque