I . POICHET, p. 3o
a. Ibid., p. 3o6.
48 HisToinr. partiale, histoire vraie
plupart des anatomistes •. » Six cents ans avant les études de Blainville et de Geoffroy Saint-Hilaire, Albert le Grand a reconnu l'organisation vertébrale du crâne en enseignant que « le système osseux de la tête représente une série de vertèbres munies de leurs appendices -. » Lorsqu'il étudie le cerveau, il émet l'idée, reprise seulement de nos jours, qu'il y a une corrélation entre certaines facultés de l'âme et certaines circonvolutions du cerveau ; et avec saint Thomas d'Aquin et saint lîonavenlure, ses continuateurs, il pose les bases d'une science dont on attribue à tort l'invention à des savants du xviii" siècle, Gall et Spurzhelm, la science de la phrénologie.
Ce qui l'a mis sur la trace de ces belles découvertes, c'est qu'avec un sens scientiGque dont les adeptes de l'évolulionnisme se sont à tort attribué le monopole, il fuit de l'anatomie comparée. Il ne s'est pas contenté d'observer une à une les espèces; il les a rapprochées et passant de l'une à l'autre, il a esquissé l'histoire de certains organes dans toute la série animale. Les savants de nos jours sont dansl'élounement que, dès le xiii" siècle, All)ert le Grand ait pratiqué une méthode que l'on croyait appartenir exclusivement aux temps modernes. « N'est-il pas curieux, dit M. Chéreau... de le surprendre descendant l'échelle zoologique depuis l'homme, jusqu'à l'éponge qui en est le dernier terme ?^ » Et c'est! là ce qui établit une union étroite entre sa description de l'homme et sa zoologie, quoique au point de vue, spirituel, il établisse une démarcation absolue entre l'humanité et l'animalité.
Encore plus que sa botanique et sa description du corps humain, sa zoologie a des parties absolument neuves. Ce