Ibid
S. Dictionnaire encyclopcdique des sciences médicaies, article /l/6erj U Giuiid.
sont celles, par exemple, où il parle des espèces qui oui clé inconnues à l'antiquité. « Les animaux des régions liorcales avaient généralement échappée l'examen d'Arislote, de Pline et des autres naturalistes de l'antiquité, à cause du peu de relations qui existaient de leur temps entre l'Europe méridionale et les pays situés vers le cercle polaire*. » Or Albert le Grand nous donne sur eux toutes sortes de détails aussi exacts que circonstanciés. C'est ainsi qu'il consacre un long chapitre aux cétacés, décrivant la baleine, ses mœurs et la manière de la capturer, le narval, le cachalot. Ailleurs, il donne sur les mœurs de castors des renseignements d'une telle précision qu'on en a conclu qu'Albert le Grand avait connu, bien avant Christophe Colomb, les castors d'Amérique. « On lui doit aussi quelques intéressantes notions sur les ours. Ce fut lui qui, le premier, considéra l'ours blanc comme une espèce distincte de l'ours brun. » Il décrit aussi fort bien le morse et les animaux à fourrures, en particulier la zibeline. Sans doute, sur d'autres points, par exemple quand il parle des poissons, des poulpes et des mollusques, il commet des erreurs ; mais n'est-il pas curieux que sur tant d'autres questions, il ait devancé, par la précision de ses observations et la sûreté de ses raisonnements, la marche de la science?
Albert le Grand eut d'ailleurs ses continuateurs. Plusieurs de ses erreurs furent rectifiées par un autre dominicain, Vincent de Beauvais, dans son Miroir du Monde {Spéculum Miindi), vaste enc5-clopédie des sciences du xiii» siècle. La partie de sa zoologie qui concerne les poissons marque un progrès sur ce qu'enseignait l'évéque de Ratisbonne'.