‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 3 sur 201 · AU LECTEUR XI · texte numérisé non relu

AU LECTEUR XI

toire incomplète et en cela partiale. On s'est, par exemple, donné le plaisir d'opposer aux évêques mérovingiens, dont nous rappelions Theureuse influence sociale, tels autres prélats peu recommandables dont nous parle Grégoire de Tours. Ceux qui nous font ce reproche n'ont pas vu l'objet que nous poursuivons. Le titre de notre livre et la manière dont nous l'avons conçu le définissaient suffisamment; mais puisque, malgré nos efforts, ils ne l'ont pas vu, donnons-leur quelques explications et fournissons des lunettes à leur myopie intellectuelle.

Nous n'avons pas eu l'intention de traiter dans le

premier

volume toute l'histoire du monde, « des ori-

gines à Jeanne d'Arc », ni dans le second toute l'histoire de l'Europe, du Moyen Age au xvn' siècle. Une pareille entreprise demanderait un nombre considérable de volumes et une compétence universelle que nous n'avons pas. Notre but a été plus modeste. Apportant une confirmation scientifique à la condamnation doctrinale portée par l'épiscopat contre certains manuels, nous avons relevé dans cette littérature scolaire frelatée des affirmations que nous avons soigneusement citées en tète de nos chapitres, et nous avons démontré par des faits empruntés à l'histoire en quoi ces passages sont partiaux, soit qu'ils nient la vérité, soit qu'ils la dissimulent, soit qu'ils la donnent incomplète. A «l'histoire partiale » qu'ils enseignent nous opposons tout ce qu'il faudrait ajouter ou rectifier pour qu'on eût de « l'histoire vraie ». L'Inquisition, nous dit-on, a commis des actes de cruauté. Nous le savons depuis longtemps et les auteurs « la'iques n ne manquent pas de le dire; mais ce qu'ils oublient de faire, c'est de nous décrire les conditions qui présidèrent à la création des tribunaux inquisitoriaux, les

XII HISTOlnE PARTIALE, HISTOIRE VRAIE

liommeset les doctrines qu'ils eurent à réprimer. Cette grave omission suffit jwur fausser le jugement qu'on portera sur l'Inquisition ; nous la réparons en décrivant les doctrines des Albigeois et la procédure inquisitoriale, et ainsi, nous acheminons vers une appréciation équitable de cette institution des esprits que l'on détournait de la vérité en leur présentant, sur ce problème, des données fausses ou incomplètes. Le Moyen Age, nous dit-on encore, avait sur les sciences des notions souvent rudimentaires et naïves; il a cru à des erreurs et à des enfantillages. Nous le savons encore, mais nous protestons quand on en conclut qu'il a été une période de « torpeur intellectuelle » due à l'influence de l'tglise. Laconclusiondépasse Icsprémisses: nous le prouvons en montrant, par un rapide aperçu du mouvement intellectuel, scientifique, littéraire et artistique du Moyen Age, que ces siècles ont été animés au contraire d'une intense curiosité d'esprit et d'un vif désir de savoir qu'ont provoqués de nombreuses écoles ecclésiastiques, et nous complétons par ces renseignements, soigneusement dissimulés par nos auteurs la'iques, ce qu'ils disent du Moyen Age. Nous permettons ainsi à nos lecteurs de s'en faire une idée tout autre et aussi vraie que celle que l'on nous proposait était fausse et partiale.

Ainsi conçu, notre livre n'avait pas !i examiner tous les manuels en usage dans les écoles publiques, mais simplement ceux que l'épiscopat a distingués pour les condamner. En n'attaquant que ces derniers nous n'avons nullement prétendu que les autres sont inolfensifs, ni que ce que nous blâmons chez les uns nous l'ajjprouvions chez les autres.

Nous avions encore moins à écrire un Cours complet d'histoire universelle, puisque notre œuvre con-

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