AU LECTEUR XIII
sistait à apporter des compléments d'information et des rectifications à un enseignement qui péchait par omission et par un défaut trop réel de sincérité. Aux critiques d'examiner si ces rectifications sont exactes et si elles s'appuient sur la connaissance des faits et une loyale inlcrprctalion des textes.
L'esprit qui nous a dicté le premier volume, nous a également inspiré le second.
11 se divise en trois parties consacrées au Moyen Age, à la Renaissance et à la Réforme.
Dans le premier volume, nous avions déjà longuement parlé du Moyen Age ; si nous avons cru devoir y revenir dans celui-ci, c'est qu'il nous a paru nécessaire de discuter à fond l'une des thèses fondamentales qui pénètrent tout l'enseignement laïque. Les adversaires de l'Église veulent faire admettre une synonymie entre catholicisme et ignorance, autorité dogmatique et asservissement de l'intelligence, pio- Icstanlisme et libération de l'esprit, foi et torpeur intellectuelle, Libre-Pensée et développement de la Science; et ils demandant à l'Histoire la preuve de cette série d'identifications. Le Moyen Age, dans leur programme, doit montrer comment la domination de l'Église et de la Foi éteint les esprits, et arrête le progrès. L'importance d'une pareille tentative n'échappera à personne ; s'il était démontré qu'en fait, la domination de l'Église a coïncidé avec l'abaissement de l'intelligence humaine et de la Raison, il serait facile d'établir théoriquement une opposition irréductible de la Foi et de la Raison, de lÉglise et de la Société, et de nier l'harnionie que le christianisme prétend
établir entre les différentes facultés et les légitimes aspirations de l'humanité. Il était donc nécessaire d'examiner à fond cette prétendue constatation historique. Nous l'avons fait en décrivant les manifestations de la vie littéraire, artistique et scientifique du Moyen Age et de faits très nombreux — trop nombreux peut-être, aux yeux de certains, — nous avons tiré celte conclusion que le .Moyen Age a été une période de grande vie intellectuelle, que pendant ces siècles, l'esprit a développé son activité sur tous les champs d'action, grâce surtout à la collaboration de l'Église.
A. la Renaissance, les ennemis du catholicisme demandent une nouvelle preuve de leur thèse, et ils essaient d'établir que si, pendant le x\' et le xvi" siècle, l'esprit humain a développé son activité, c'est parce qu'il s'est émancipé de l'Église. A cette thèse nous avons opposé, au nom des textes et des faits historiques, un double démenti. L'activité intellectuelle du Moyen Age nous a prouvé que l'esprit humain n'a pas eu à renaître au xv' siècle puisque jamais, dans les siècles précédents, il n'était mort ni entré en léthargie'! D'autre part, en étudiant en lui-même le mouvement de la Renaissance, nous avons constaté que l'Eglise y a pris une large part et que les influences chrétiennes l'ont inspiré dans ce qu'il a eu de plus beau et de plus généreux. Enfin, nous avons constaté que, si le libre examen de la Renaissance a pu lancer les intelligences dans des hardiesses et des témérités qui n'ont rien à voir avec le progrès, il a développé aussi des appétits monstrueux et une immoralité qui en est l'opposé.
I . Le mot Renaissance désigne non la Renaissance de l'espritmais la Renaissance des influences littéraires et artistiques de l'antiquité.