‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 31 sur 201 · LITTÉRATURE AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE AU MOYEN AGE

Paris a dressé le bilan de cette féconde et brillante période. • La poésie épique nationale s'y continue, dit-il, mais par des renouvellements et des imitations ; la poésie romanesque d'origine antique, celtique ou orientale s'y épanouit largement; les contes plaisants se haussent à la forme littéraire. La poésie didactique, descriptive et satirique ne fait que révéler des germes qui se développeront plus tard. La poésie lyrique du Midi est florissante, celle du Nord subit l'influence de celle du Midi, tout en gardant un goût de terroir. La prose naît sous différentes formes, dont les deux plus intéressantes sont celle du roman, spécialement du roman arthurien, et celle de riiistoire, entendons l'histoire écrite par ses témoins et ses acteurs. La littérature française, sous sa double forme méridionale et septentrionale, est l'objet de l'admiration et de l'imitation do l'Europe romane et germanique*.»

C'est le temps où la Chanson de Roland^, « le premier

1 . Esquisse historique de la liUératare française au Moyen Aye. p. 169.

a. o De toutes nos épopées la chanson de Roland est celle qui donne la mesure la plus juslo du genre moderne. » (Kurth. lUsloire poétique des Mérovingiens, p. ig»)- « H est un lyrique infécond que, dans notre honteuse ignorance, nous avons longtemps vénéré comme le plus vieux de nos poètes, Malherbe, dont quelques vers ont éveillé le génie de La Fontaine. Or 5do ans avant le père d'une slropUe immortelle, quatre siècles avant la liallude des Dames du temps jadis. Douce France et Terre Major sont célébrées dans les 4ooo décasyllabes de la Chanson de Roland, poème français qui sort d'une âme épique et tragique. La langue de ces temps antiques n'était pas ce qu'un vain peuple pense, un jargon rauque, sourd, inHexible, barbare, sortant comme un hoquet du dur gosier des gens du Nord. Et dans sa rude beauté, la Chanson de Roland dépasse de mille coudées Boileau et son Lutrin, Voltaire et sa Henriade (Onésime Reclls. Géographie d ,a France.) - a Ne pas connaître le Roland c'est ignorer la poésie chevaleresque. » (P.o R*j:<a) - . La Chanson de Roland nous

a iiisTomE pautiale, iiistoiiie vraie

et le plus purement national des chefs-d'œuvre de lart français », est suivie du magnifique épanouissement, au xri' siècle, de l'épopée nationale, des romans épiques des cycles de Thèbes, de Troie et d'Alexandre. C'est alors que se développe merveilleusement l'épopée courtoise avec les romans d'Arthur et du Sainl-Graal, les lais de Marie de France, les romans do la Table Ronde de Chreslieu de Troyes. C'est alors enfin que trouvères et troubadours promènent de manoir on manoir et de ville en ville leurs chansons courtoises ou populaires et leurs sirvenles satiriques. Les ménestrels et les jongleurs composent les différents romans de Renart et les fabliaux qui se succèdent nombreux au cours du xiii" siècle. Entre 122.5 et 1230, Guillaume de Lorris commence le roman de la Rose que contiuMera, quarante ans plus tard, Jean de Meunp, « le plus grand poète peut-être du xin" siècle ». Saint Bernard donnait, en même temps, ses sermons en langue vulgaire, l'un des plus anciens monuments littéraires de notre prose, qui conquérait son droit de cité dans notre

apparaît comme le premier et le plus purement national des chefs d'œuvre de l'art français. Avec ses défauts de composition qui tiennent à son lent devenir et ses faiblesses d'exécution, elle n'en reste pas moins un imposant monument du génie français auquel les autres nations modernes ne peuvent rien comparer. Elle se dresse à l'entrée de la voie sacrée où s'alignent, depuis huit siècles, les monuments do noire lilléralure, comme uncarche haute et massive, étroite si l'on veut, mais grandiose, et sous laquelle nous ne pouvons passer sans admiration, sans respect et sans fierté. » (G. Paris. Chanson de Koland. p. nx). — « Quel chef-d'œuvre brut que ce poème qui se dégage d'un idiome inculte, comme le lion de Milton des fanges du Chaos. C'est l'enfance de l'art, mais une enfance herculéenne et qui d'un bond atteint au sublime. » (Paul de Saint- Victor. Hommes et dieux, p. 396). Citations recueillies par M. Léon Gautier dans son chapitre L'Épopée nationale sur l'Histoire de la littérature françaiti de Petit de Jullcrillc 1. p. gi.

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