‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 35 sur 201 · LA LITTÉRATURE AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LA LITTÉRATURE AU MOYEN AGE

nouif au xiV el au xV siècle. « On peut suivre leurs traces jusqu'au temps des dernières croisades; ils mêlent leurs refrains naïfs aux strophes savantes des Miunosinger et il est hors de doute que leurs commencements datent d'une époque reculée. La poésie populaire traduit les premiers mouvements de la conscience nationale, elle respire dans les premiers bégaiements de la langue. Du jour ov'i il y a des âmes qui sentent, elle fait entendre ses accents qui, le plus souvent, meurent sans laisser d'écho, mais qui, d'autres fois, résonnent d'âge en âge jusqu'au sein des littératures classiques*. »

L'Allemagne du xm" siècle n'a pas eu de prose nationale. Comme toute la chrétienté du haut Moyen Age, elle s'est servie du latin pour tout ce qui n'était pas poésie. Mais ce n'est pas à dire que l'absence d'un outil qui lui fût propre ait paralysé son activité. Il suffit de rappeler que c'est en latin que le grand savant Albert le Grand a rédige son œuvre, qui est une vraie encyclopédie des sciences de ce temps.

L'Angleterre non plus n'attendit pas d'avoir, en prose et en vers, sa langue nationale pour manifester son activité littéraire. Ce ne fut guère qu'au xiv" siècle qu'elle sépara ses destinées de celles de la France, au point de vue intellectuel comme au point de vue politique, et qu'elle eut nue langue et une littérature vraiment nationales. Jusqu'à Edouard IIl, les rois descendants de Guillaume le Conquérant et leurs sujets normands se considéraient comme français, et ils importèrent, au Nord de la Manche, la civilisation delà France. Ils le firent avec entrain. «Entre la conquête et la mort du roi Jean, ils établirent cinq cent cinquante-sept écoles en Angleterre. Henri Beauclerc, fils du Conquérant, fut instruit dans les sciences. Henri H et ses trois fils l'étaient aussi ; l'aîné, Richard Cœur-de-Lion, fut poète. Lanfranc, premier

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