Ibidem, I
»W HISTOraE PARTIALE, HISTOIRE VRAIE
lonnant du Bordelais à la Loire, cellespar exemple d'Ainay, de Civray , de Parthenay , de Maillezais en Vendée, de Saint- Pierre d'Angoulême et de Saint-Aubin d'Angers.
La Normandie, l'Ile-de-France et la Picardie ne restèrent pas étrangères à la floraison sculpturale du xi" et du xii" siècle ; nous en avons pour preuve la décoration de la cathédrale de Bayeux et les spécimens des chapiteaux que conservent les musées de ces provinces. Mais il faut revenir dans le Midi, en Provence, pour retrouver un art comparable à celui qui se développait en Languedoc. Il nous en reste deux spécimens bien complets, le portail de Saùit-Gilles et Saint-Trophime d'Arles avec son portail et son cloître.
La rapide excursion que nous venons de faire en France à travers les écoles de sculpture romane, nous pourrions la recommencer dans chacun des autres pays de l'Europe. En Italie, par exemple, nous admirerions les portes de bronze sculptées qui sont souvent l'ornement des églises méridionales, celles par exemples du Mont-Cassin, de Troja, de Bénévent, de Ravello et de Montréal en Sicile. Nous verrions le magnifique parti que surent tirer du marbre les sculpteurs ou marmorari qui décorèrent les tympans des portails, les façades ou porches des églises comme à Saiut-Zénon de Vérone, et qui créèrent ces cloîtres merveilleux ornés de colonnes de marbre aux dessins variés, avec leur mélange de mosaïques et de sculpture, tels que ceux de Saint-Jean de Latran et de Saint-Paul hors-les-murs de Rome. Ces œuvres dont nous admirons la grâce, l'élégance ou la majesté, à Venise, dans les villes toscanes et lombardes et dans les riches monuments du Sud, ne sauraient cependant rivaliser avec celles de la France qui tient, au xii= siècle, la tête du mouvement artistique.
Les progrès des arts décoratifs marchaient de pair avec ceux de l'architecture et de la sculpture. On prenait l'habitude de décorer de peintures murales les églises et
i.'art roman
les bâtiments claustraux, comme nous le voyons par les fresques de Saint-Savin, de la crypte d'Auxerre et de Saint-GiUesde Montoire en Touraine. Bien que rares, ce. spécimens qui ont échappé jusqu'à nos jours aux ravages du temps, nous prouvent qu'au x." et au x.i^ siècle, i y a euenl^ancede grandes écoles de peinture decoraUve vivantes, savantes, connaissant parfaitement les lois de leur art»... On peut, sans paradoxe, répéter après VioUelle-Duc « qu'à aucune époque, on n'entendit mieux la décoration monumentale ». L'Italie, de son côté, employait la peinture murale avec succès, grâce ^"^ "''t-^^^^*',!^; moines basiliens de la Calabre et à l'école de abbaj e du Mont.Cassin. Didier, abbé du Mont-Cassm, e plus tard pape sous le nom de Victor III (1085-ia88), faisait recouvrir 5e fresques l'église de Saint-Ange q«i fut construite sur son ordre. Ces peintures sont merveilleusement conservées et nous présentent une série de sujets d'une grande ri-
'^ TeTs la même époque, l'art du vitrail naissait aux alentours de l'an mille. Les premiers vitraux que mentionne l'histoire sont ceux que fit placer, dans sa cathédrale de Reims, l'archevêque Adalbéron (969-998). Il ne nous en reste rien non plus que de ceux qui furent exécutes au cours du xi= siècle. Les plus anciens que nous ayons sont ceux que Suger fil faire pour son église abbatiale de Saint- Denis de 1140 à 1144. « Us témoignent de 1 habileté des maîtres verriers du x.i= siècle. Leur art, dès qu'il apparaît, approche de la perfection... Les grandes lois de la peinture sur verre étaient si parfaitement connues, des 1140, une le xii» et le xiii» siècle n'auront presque nen de nouveau à ajouter \ » C'était le résultat des efforts continus qu'avaient faits, au xn» siècle, ces maîtres dont nous ne ^nnaissons ni les noms ni les œuvres. Les verriers de
t. Histoire de VArl, I, p. 780-
a. MiLE. dans VHi$toire de l'Art, 1, p. 786.
Saint-Denis firent école ; car au cours du xu» siècle, les grands monuments de l'art roman et de l'art gothique naissant se couvrent de magnifiques vitraux. C'est d'alors que datent ceux de Chartres représentant l'arhre de Jessé et l'Enfance de Jésus-Christ (1145), ceux de la cathédrale du Mans (1158), d'Angers et de Poitiers.
L'art de la miniature, cultivé déjà avec tant de succès sous Charlemagne et ses successeurs immédiats, continue ses progrès pendant l'époque romane. En Allemagne, la « Renaissance othouieime » de la deuxième moitié du x° siècle, voit se multiplier dans les monastères les écoles de miniaturistes. Celle de Reichenau compose des évangéliaires et des psautiers admirables de richesse d'images et d'ornementation; l'école de Trèves-Echternach qui la remplaça n'eut qu'à suivre ses procédés qu'elle avait portés à un haut degré de perfection; enfin l'école de Cologne vint compléter cette « magnifique floraison picturale « qui s'était développée dans les monastères rhénans. Le sacramentaire de l'empereur Henri II est l'un des chefs-d'œuvre de l'école des miniaturistes bavarois, et comme les autres productions de cette école, il se distingue par « sa rare beauté, sa merveilleuse splendeur de coloris et de décor ^. »
Les monastères du monde chrétien tout entier rivalisaient dans l'art de l'enluminure avec ceux de l'Allemagne. Les abbayes d'Angleterre, continuant les traditions anglo-saxonnes du vii= et du viii» siècle, exécutaient le fameux missel de Robert de Jumièges qui, sorti de l'école de Winchester, est aujourd'hui l'une des plus belles pièces de la Bibliothèque de Rouen. En France, on signale des écoles de miniaturistes dans les abbayes de Saint- Berlin de Saint-Omer, de Saint-Martial de Limoges.
On continue à donner une attention particulière au travail de l'ivoire et comme à l'époque byzantine, on