I. IHsluirc de l'Art, 1, p. ,3^, article de Hasbloïf
l'atit gothique au xiii» stèci.e O:!
fabrique, à l'époque romane, un grand nombre de cou voitures pour les livres liturgiques, de coffrets et de reliquaires. Signalons aussi les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie avec ses reliquaires de métaux précieux, ses autels portatifs, ses plats de reliure, ses vases sacrés, ses aiguières, ses émaux, ses châsses, ses plaques funéraires, qui font encore de nos jours, malgré les vicissitudes qu'ont subies ces objets au cours des siècles, la gloire de nos trésors, de nos musées et des collections privées.
L'ari gothique au XIII' siècle.
Avec la période gothique, l'art du Moyen Age atteint son complet épanouissement, et couvre de chefs-d'œuvre la chrétienté tout, entière. Il en a été de son développement commode celui de l'architecture ; quoique rapide, il a été progressif et animé d'un principe de vie qui l'a toujours entraîné vers de nouvelles aspirations, de nouveaux perfectionnements. La sculpture par exemple était déjà majestueuse dans les porches et dans les cloîtres romans ; mais il lui restait des progrès à faire dans l'exécution des formes ; ils se poursuivent au cours du xii' siècle, en même temps que se crée et se développe l'architecture gothique primitive. « A mesure qu'on approche davantage du xm" siècle, la draperie sur les statues tend à devenir plus simple, les attitudes plus naturelles, le style moins contourné. C'est alorsque sont sculptés le portail de la façade principale de la cathédrale de Chartres ', le portail méridional de Notre-Dame d'Etampes, ceux de Saint-Maurice d'Angers, de Saint-Ayoul de Provins, de Notre-Dame de Chàlons, de Notre-Dame
.. Histoire de l'Art, p. iSa, . C'est là que le style ncuvcau se manifeste avec le plus d'ampleur et de puissance. ■>
de Corbeil, etc. et la Vierge du tympan septentrional de la cathédrale de Reims.
En pleine possession de ses moyens d'exécution, la sculpture gothique se montre d'une merveilleuse fécondité dès le déhutdu xiii" siècle. « Si l'on voulait analyser une à une les statues qui composent le peuple innombrable qui vit aux murs des cathédrales, on viendrait difficilement à bout de ce dénombrement '.... Dans les chantiers où les imagiers travaillaient à pied-d'œuvre la vie devait être immense. » Les clercs et les moines ae la cathédrale ou de l'église que l'on construisait étaient là pour diriger les artisans et leur expliqueras sujets au'ils avaient à traiter. Tour à tour, ils leur rappelaient tes visions apocalyptiques dont ils devaient s'inspirer pour graver sur le tympan de la porte d entrée les scènes solennelles de la résurrection des morts ou du jugement dernier ; ils développaient les récits évangéliquesd'où les ouvriers allaient tirer la représentation des miracles du Christ, les traits les plus touchants de la vie de la Vierge et des Apôtres ; ils racontaient les légendes ou les traditions de la vie des saints, et le ciseau du sculpteur les interprétant représentait les bienheureux debout à chaque voussure du portail ou dans les différentes scènes de leur vie mortelle on céleste. S'attardant à tous les détails, les clercs et les moines précisaient aux artisans qui allaient les retracer sur la pierre, les manifestations de l'industrie humaine ou les attributs des bienheureux ; et ainsi, ils leur apprenaient à comprendre et à décrire le symbolisme de la vie religieuse, la glorification dos arts et des sciences.
Quelquefois, les hommes d'église maniaient eux-mêmes les instruments du sculpteur, soit qu'ils eussent la direction du chantier commeils enfurcnt souventles architectes, soit qu'ils fussent ouvriers pour la plus grande gloire de Dieu. Sous leurs ordres, des multitudes de travailleurs