I . Histoire de l'Art, ii
Une étude détaillée de la sculpture en Flandre, en Angleterre et en Allemagne, à la même époque, nous conduirait aux mêmes conclusions. Dans ces divers pays, nous constaterions aussi un riche épanouissement de cet art sous l'influence des modèles français.
La peinture à la fin du Moyen Age.
Un siècle au moins avant que les influences classiques de la Renaissance n'eussent opéré une révolution dans les arts, la peinture avait produit, dans l'Europe du xrv° siècle et du commencement du xV, une série de chefs-d'œuvre. En France et dans les pays du Nord (Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Suisse etc.), cet art ne fut que le développement de l'art de la miniature, tandis qu'en Italie il continuait, en la transformant, la mosaïque byzantine.
En France, plusieurs faits nous prouvent combien s'était développée la peinture. C'est, par exemple, la décision de Charles VI, envoyant, en 1384, dans divers pays, des peintres pour lui apporter « au plus près que faire se pourrait, les physionomies de celles dont on lui parlait » comme princesses à épouser. N'est-ce pas une preuve de l'usage assez courant qui se faisait dès lors des portraits? La coutume était à peu près générale chez les rois et les princes d'avoir dans leur entourage des peintres et des miniaturistes attitrés, à côté de leurs « imagiers ». Philippe le Bel, en 1304, avait dans sa maison un « peintre du roi de France, Evrard d'Orléans. » Gérard d'Orléans était celui de Jean le Bon ; Jean de Baudol celui de Charles V; les ducs de Berry, d'Anjou et de Bourgogne, frères do Charles V, comblèrent, à leur tour, de faveurs peintres ot enlumineurs. La cour des papes d'Avignon