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LA PEINTURE A LA FIN DU MOYEN AGE

;epUon, profonde science dans l'exécution, scènes tour à our gracieuses et tragiques, lyriques et dramatiques, îffets considérables obtenus par les moyens les plus simples, voilà ce que nous révèle l'œuvre si vaste, si féconde ieGiotto. Qu'importe, après cela, que ses paysages soient en général frustes et que quelques défauts de proportions puissent se relever dans des tableaux qui ont été d'ailleurs parfois retouchés ? Ce peintre, qui a été en même temps un sculpteur et un architecte, n'en est pas moins l'un des plus grands génies que l'Italie ait produits, et, pour se manifester, il n'a pas eu besoin de l'imitaUon servile de l'antiquité que devaient prêcher, cent ans plus tard, les hommes de la Renaissance.

Son influence a été considérable. « Toutes les écoles de peinture qui se sont développées en Italie, durant deux siècles, relèvent de lui, de Florence à Venise, en passant par Bologne, Modènç, Vérone, Ferrare, Padoue, et de Florence à Naples en passant par Sienne, par l'Ombrie et par Rome ; et sans parler de ses élèves directs, quelquesuns des plus grands peintres du xV siècle, Masaccio et fra Angelico, Ghirlandajo même et Raphaël ont prolongé sa tradition ^. »

Nous renonçons à évoquer ces différentes écoles qui sont une preuve de l'activité artistique des Italiens du xiv» siècle ; elles sont aussi nombreuses queles régions, je dirais presque que les villes de la péninsule, et chacune a été féconde en peintres et en belles œuvres. Nous ne citerons que les principales, celles qui ont exercé une influence générale sur les autres et sur l'histoire de l'Art. C'est d'abord l'école de Sienne qui, du vivant même de Giotto, a produit un peintre do grand talent, Duccio de Buoninsegna, l'auteur du grand retable de la cathédrale de Sienne (1311). avec sa belle Vierge de majesté et son Crucifiement plein de vie et de réalisme ; Simone di Martine qui, en 1315,

i. Ibid., p. Sii,

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achevait la Maesta du palais communal, « le monument le plus grandiose de la peinture siennoise » (Pératé), vaste fresque de 9"" 80 de large sur 7"' 25 de haut, où ;se pressent en plusieurs groupes un grand nombre de personnages historiques, surnaturels ou symboliques ; enfin les frères Lorenzetti qui, avec Simone, ont décoré la basilique inférieure d'Assise et le palais communal de, Sienne.

A Florence, à la tète de l'école toscane, Giotto eut pour successeur l'un de ses diciples, Taddeo Gaddi ; un grand nombre de peintres se réclamaient de ses conseils et de sa tradition. De ces «giottesques» l'un des plus célèbres fut Orcagna qui peignit, à Sainte-Marie-Nouvelle, un Jugement dernier, en même temps qu'il sculptait le tabernacle d'Or-San-Michele. Un autre giottesque , Andréa da Firenze, peisnait, vers le milieu du siècle, dans la chapelle des Espagnols de Sainte-Marie-Nouvelle, deux immenses fresques glorifiant, d'une part, l'Eglise, de l'autre, le grand docteur dominicain saint Thomas. Ces vastes compositions présentent, malgré quelques imperfections, « un charme et un intérêt profond » (Pératé). -Elles rappellent parles images symboliques qu'elles nous donnent des arts et des sciences, les représentations analogues qu'avaient sculptées un siècle auparavant, sur les façades des églises gothiques les « imagiers » français ; et elles préparent les allégories de Raphaël.

Le Campo Santo ou cimetière de Pise, avec les murs qui enfennaient ses cloîtres, fut le champ d'un brillant concours enti-e les maîtres de l'école toscane. Pendant tout le XIV* siècle, ils travaillèrent à le décorer de fresques. Ce fut sans doute un élève d'Orcagna, Francesco Traini, qui y déroula les scènes si justement célèbres du Triomphe de la Mort et du Jugement dernier, où alternent l'horreur de la mort et les joies de la vie, traversées par celte mélancolie qui naît au milieu des plaisirs. D'autres artistes tels que Antonio Veneziano, vers 1371, Andréa da Firenze, en 1377, Francesco de Voltorra en 1371, Spinello Aretino, en 1390,

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