‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 55 sur 201 · LES ARTS DÉCORATIFS A I.A FIN DU MO\-EN AGE · texte numérisé non relu

LES ARTS DÉCORATIFS A I.A FIN DU MO\-EN AGE

complétèrent, par des histoires empruntées à la vie de sainU pisans et par la légende de Job, l'œuvre « sul.l.me • de Traini. Ce dernier, le plus fécond des artistes de la tin de ce siècle, décora aussi la sacristie de San-Mm.ato de fresques racontant la vie de saint Benoit. Quelques années à peine après sa mort (1410), commençaient a pemdre \ndreadelCastasno,Uccllo Masoliuo, Masaccio, PisaneUo, que l'on est convenu de regarder comme les premiers artistes eu date de la Renaissance italienne Et ainsi c-est par me transition insensiblQ que la peinture toscane, comme d'ailleurs celle de eOv.brie, de Sienne, de Venise, en un mot de Vltalie toute entière, passa progressivement de limitation de Giollo et de l'idéal médiéval à celle de Vantiquitè.

Dans son discours sur l'Etat des beausc-arts en France au XIV siècle, Renan a remarqué que, malgré les ravages de la guerre de Cent Ans et les tristesses accumulées parfois par des épidémies, telles que la peste noire de 13iS le xiv« siècle a été marqué par un magnifique épanouissement de la richesse et de la joie de vivre, soit que les ruines de la guerre n'aient pas été aussi générales que nous le supposons, soient qu'elles aient ete rapidément réparées. « Les sources du bien-être dit-il, étaient, dans la nation, vives et nombreuses.. En 1329, le loi Edouard III quittait émerveillé la France et s'en retournait raconter à sa jeune femme, Pliilippa de Hainaut, « le grand estât qu'il avait trouvé et les honneurs qui estoient en France, » reconnaissant que rien n'y pouvait être comparé.... H peut paraître étrange de le dire- au milieu de ces horreurs (de la guerre et de la pesteU le {siècle était gai; ni la littérature ni l'art ne portent l'empreinte d'un profond abattement. » »

Et ce n'était pas seulement dans les brillantes Cours de Valois et des grands seigneurs que se trouvaient ces

. . Histoire UUératre de ta France, xwv, p. C07

grandes ricliesses ; elles alxnidaieul aussi au sein de la bourgeoisie. « Ni les guerres, ni les perturbations des monnaies, ni le système déplorable do la comptabilité publique... n'empécbèrent la bourgeoisie, surtout celle de Paris, d'arriver à un haut degré de bien-être et de culture.... Les nombreux témoignages qui nous restent du luxe des demeures bourgeoises suffiraient du reste pour nous le faire supposer. Le côté de la maison qui donnait sur la rue était souvent triste et austère, mais le côté de la cour ou du jardin offrait presque toujours de riches ornements. Les intérieurs enfin étaient décorés avec une rare élégance. Les détails que nous donne Christine de Pisan sur la demeure d'une marchande de Paris à qui elle va faire visite, ont de quoi nous surprendre : ce sont des tapisseries de Chj'pre rehaussées d'or, des tissus de soie et d'argent, des tapis somptueux, de riches bijoux, etc. ' » Le luxe prit même un tel développement que les gouvernements crurent utile de le limiter par des lois somptuaires, comme celles que promulgua Philippe le Bel, eu 1294.

C'est là ce qui explique l'extension considérable que prirent, au xiv« et au xV siècle, les arts industriels et décoratifs.

L'art du verre, si prospère au xiii» siècle, continue à l'être jusqu'à la Renaissance qui lui porta un coup funeste. De fort beaux vitraux furent placés alors dans les cathédrales de Saint-Nazaire à Carcassonne, de Chartres, de Beauvais, de Lyon, de Strasbourg, de Metz, de Bourges, d'Évreux. Rappelons les roses si éclatantes de couleur, si délicates de dessin et d'expression d'Auxerre et de Sens (xv' siècle). Les palais et les hôtels qui se

I. Ibid., p. 674. Lire au même passage la description détaillée do l'hôtel d'un bourgeois de Paris.au iivesiècle, maître Jacques Duchié.

Les manuels coadamnés n'en continueront pas moins k enseigner que nos ancêtres du Moyen Age étaient des barbare* et des mallieureuxl

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