‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 60 sur 201 · LA CONNAISSANCE DD MONDE AV MOYEN ACE · texte numérisé non relu

LA CONNAISSANCE DD MONDE AV MOYEN ACE

VU le parti qu'on essaie d'en tirer, cette [erreur se présente avec tous les caractères d'un mensonge.

M. Calvet ne peut pas en effet ignorer deux faits historiques, d'une importance capitale : 1" l'apostolat chrétien auprès de toutes les nations, s'exer(,-ant dès les origines de l'Église ; 2° les relations que n'ont jamais cessé d'entretenir l'Occident chrétien et l'Orient musulman, et qui sont devenues continues à dater des croisades.

Si le .Moyen Age chrétien n'avait pas cherché à connaître d'autres nations et d'autres relipions, il aurait manqué à l'un des préceptes les plus importants du fondateur de l'Église, l'apostolat. « .\llez, enseignez toutes les nations, prêchez l'Evangile à toute créature et jusqu'aux extrémités de la terre, avait dit le Maître à ses disciples ! » Si après avoir entendu ces paroles, ceux-ci avaient refusé de voir de nouveaux pays, d'entrer en contact avec des peuples de religions différentes pour les convertir, n'auraient ils pas été infidèles à leur mission ? Et puisque le Christ n'a fixé aucune limite à cet apostolat, et qu'il doit être exercé par ses disciples jusqu'à la consommation des siècles, toutes les générations qui en auraient négligé l'exécution, se seraient rendues coupables de la même infidélité.

Cette infidélité n'a jamais été commise et, pendant dix.ncuf siècles, au Moyen Age comme à ses premières origines, à la Renaissance comme au Moyen Age, de nos jours comme aux temps de la Renaissance, les missionnaires de l'Evangile .sont allés sans cesse à la déiîouverte de nouveaux peuples pour les convertir, de nouvelles religions pour les détrôner.

L'Islam a connu, dans nne certaine mesure, cette force d'expansion qui est l'essence du Christianisme. Il a voulu soumettre sinon à la vérité, du moins à sa puissance, les peuples qui ne partageaient pas sa foi, et dès sa naissance, dn vivant même de son fondateur, il s'est trouvé en contact avec le Cliristianisme. Les deux religions se

sont aussitôt heurtées dans le mouvement en avant qui les emportait l'une sur l'autre. De là, ces conquêtes rapides du monde chrétien par le monde musulman qui, en un siècle (632-732), ont conduit les sectateurs de Mahomet en Occident jusqu'à Poiliers.en Orient jusqu'à Conslantinople. De là aussi, les revanches du Christianisme qui, à son tour, a refoulé l'Arabe hors de France d'abord, d'Espagne ensuite et, par les Croisades, a porté sa force d'expansion en Palestine et en Egypte, au cœur même de l'Islam. Ces guerres ont été suivies naturellement de trêves et de négociations diplomatiques qui ont inauguré,dans la dernière partie du Moyen Age, des relations amiables entre ces deux mondes religieux et une pénétration pacifique des nations musulmanes par le Christianisme. La voie frayée par les hardis prédicateurs de l'Évangile fut suivie par les explorateurs et les négociants ; et ainsi, les régions polaires de l'Europe, l'Asie, l'Afrique s'ouvrirent aux Européens bien avant la Renaissance. L'Amérique ellemême fut découverte par les hommes de Moyen Age, cinq siècles avant Christophe Colomb.

Nous manquerions, nous aussi, à l'exactitude historique si nous enfermions dans ces généralisations l'histoire de toutes les découvertes géographiques. Nous ne saurions jublier la part qu'y ont eue les voyageurs et les conquérants arabes et les hardis navigateurs normands, alors qu'ils étaient encore païens. Mais ce que nous pouvons affirmer, d'accord avec les plus récentes constatations de la science historique, c'est que :

1» Le Moyen Age a connu une grande partie du monde, avec ses peuples et ses religions variées.

2° Alors, comme de nos jours, les missionnaires ont été les plus hardis explorateurs. Ils ont frayé la voie aux conquérants et aux négociants européens et on leur doit, plus qu'à tous autres, l'extension progressive des counais- «ances géographiques.

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