‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 62 sur 201 · I. IlEncENiio&'itLsn. kiidicnlcxilion article /siand · texte numérisé non relu

I. IlEncENiio&'itLsn. kiidicnlcxilion article /siand

EUKOPE DU

NORD ET AMÉRICJUE

la Scandinavie. Les idées vagues que les Européens se faisaient de ces pays ne furent précisées qu'à la suite de la conquête de la Saxe par Charlemagne et des missions chréUeunes en Danemark, Suède et Norvège, qui en furent la conséquence.

Déjà, dès la première moitié du vin» siècle, saint Willibrod, l'apôtre des Pays-Bas etde laFrise, avait pénétré dans le Danemark ; il y avait même converti un fils du roi, saint Sébald. Vers 820, l'archevêque de Reims Ebbon, envoyé de Louis le Pieux, prêcha dans le Schleswig et le Holstein. Neuf ans plus tard, saint Anschaire, moine de Nouvelle-Corbie (diocèse de Paderborn), traversait le Danemark, pénétrait profondément dans la Suède païenne et établissait une chrétienté à Bjoïko sur le lac Mœlar. Nommé, en 831, archevêque de la métropole nouvellement créée d'Hambourg, il faisait de celte ville un centre de missions pour les pays Scandinaves. L'archevêché de Hambourg demeura, pendant le Moyen Age, la métropole religieuse de tout le Nord du vieux continent.

Aussi est-ce dans celte ville que se concentraient les renseignements géographiques de toute sorte que missionnaires et négociants rapportaient de leurs explorations dans les pays Scandinaves. C'est ce qui permit à un chanoine des églises unies de Brème et Hambourg de composer, dans la seconde moitié du xii" siècle, sa DescripUo insulavum Aquilonis. 11 se servit pour l'écrire d'un grand nombre lie renseignements qui lui furent fournis par les archives de l'archevéclié, les lettres des missionnaires qui s'étaient succédé en Danemark, Suède et Norvège, depuis saint Anschaire, enfin de conversations qu'il eut lui-même avec ,es indigènes de ces régions et leurs missionnaires. . Quoique plein de fables, ce traité est curieux comme le premier essai de géographie qui ait été écrit sur l'Europe septentrionale, notamment sur le Jutland et sur plusieurs des de la mer Baltique. On doit aussi à Adam de Biêmo .es pi-emières noIJous sur linlérieur de la Suède. » Pour

ce traité « si précieux pour la géographie du Moyen Age, Adam de Brème avait apporté beaucoup de soin et de patience dans le rassemblement des faits '. »

Pendant qu'ils étaient ainsi évangélisés, les Scandinaves faisaient, de leur côté, par leurs hardis navigateurs, des découvertes qui, par leur intermédiaire, mettaient en relation l'Europe chrétienne avec des pays et des peuples nouveaux. Vers le milieu du ix« siècle, un norvégien de la province de Nordenland, Other, seigneur d'une gi-ande étendue de territoire sur laquelle vivaient des familles finnoises, pêcheur intrépide do phoques et de baleines, apporta au roi d'Angleterre, Alfred le Grand, la relation des expéditions qu'il avait faites dans les mers boréales. 11 y racontait que la recherche des phoques l'avait conduit jusqu'à la Biarmie (mer Blanche) ; il semble mémo, à certains indices, qu'il l'ait dépassée et soit arrivé jusqu'à la mer de Kara et la région du Spit/.berg. Dans cette relation qu'Alfred le Grand a insérée dans sa traductiond'Orose, Other décrit la Norvège, la Suède, la Laponie et la Bothnie, ainsi que la péninsule de Kola. C'était tout le Nord de l'Europe qui était ainsi exploré, plus de mille ans avant Nordenskiold.

Other et un autre voyageur de son temps, Wulfstan, étaient allés vers le Nord-Est. Le Nord-Ouest tenta aussi les navigateurs norvégiens, vers la même époque. Non contents de découvrir l'Islande après les moines celtiques, ils poussèrent plus avant jusqu'au Groenland et aux terres boréales de l'Amérique.

« On place à l'an 982 ou 983 la première colonisation du Groenland ; et voici comment les chroniques la rapportent. Vers le x° siècle, un islandais ou un homme du Nord nommé Gunbiorn, fils d'Ulf Krakkc, poussé par la tempête à l'ouest de l'Islande, trouva quelques rochers qu'il appela Rochers de Gunbiorn et découvrit une grande

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