‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 65 sur 201 · Ihid., p. 70 et suiv · texte numérisé non relu

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avec les tribus khazares de l'Oural et même avec les Scandinaves qui venaient échanger leurs produits du Nord avec ceux du Midi, apportés par les Arabes. Les fourrures, les plumes, les iaiions de baleine, l'iiuile de poisson étaient les principaux produits qui figuraient dans ces marchés et dans les foires, naissantes alors, de Novgorod. Ainsi, le vaste bassin du Volga, les régions de l'Oural, peut-être même la Sibérie et les pays Scandinaves voisins du cercle polaire, entraient dans le rayon élargi des relations internationales ; et c'était toujours avant l'an mille ! L'Occident latin fut en relations constantes avec ce commerce de 1 Extrême-Orient et du Nord, dont les Grecs et les Arabes s'étaient faits les courtiers tout-puissants A l'époque des Ottons (fin du x" siècle), les marchands de Muyence allaient, par Venise, faire du négoce jusqu'à Constantinople '. La France avait multiplié ses relations avec l'Orient à l'époque de Charlemagne ; elle en tii-ait les épiées qui étaient d'un usage chaque jour plus courant pour assaisonner les mets et les boissons ou servir de remèdes. Mais ce fut surtout par l'Italie que les peuples musulmans, schismatiques ou même païens de l'Orient se trouvèrent en rapports suivis avec les catholiques d'Occident. « Aucun pays n'importait les produits de l'Orient en aussi grandes quantités et sous des formes aussi variées » (lleyd). Tout le luxe religieux de l'Eglise romaine était alimenté par le commeice du Levant. Les étoffes, les tajùs qui décoraient les églises, avec leurs ligures de lions, d'éléphants, d'aigles, de faisans, do paons, de licornes, de basilics, de griffons, tissées ou brodées, venaient desateliers arabes et celles qui portaient des signes chrétiens étaient d'origine byzantine. Les ports des Fouilles, Trani, Brindisi, Tarente, envoyaient leurs vaisseaux dans les échelles du Levant. Dès le X» siècle, le commerce d'Amalfi se ramifiait jusqu'à

1. Munumenta Geimamx liislurica cd. Perli. Seriulores ni. 338

Alexandrie et Le Caire, mettant en relations constante? d'affaires les marchands chrétiens d'Italie et les mar chauds musulmans d'Lgypte.

Les Vénitiens, dès les premiers temps de leur histoire, entreprirent le commerce avec les Orientaux et l'Asie, Déjà à l'époque gothique (vi" siècle), Cassiodore nouf montre leurs navires parcourant, dans le monde, de? distances incommensurables. Au temps de Charleraagne, ils allaient chercher à Constantinople les fourrures d'hermine qui venaient de Russie, en Syrie la pourpre, en Perse les élotTes multicolores à figures d'oiseaux tissées. Lorsque Liutprand, évéque de Crémone, alla en ambassade à Couslanlinople, en 940 et eu 930, • il trouva un grand nombre de Vénitiens dans l'armée grecque ; il vit aussi dans le port des vaisseaux marchands vénitiens, et il remarqua que les agents des douanes grecques les visitaient et se faisaient montrer les soieries déjà chargées ». . Sur tous les marchés de l'Asie Mineure, do la Syrie et de l'empire grec, les Génois et les Pisaus rivalisaient d'activité avec les Vénitiens.

Les croisades donnèrent une importance beaucoup plus considérable à ces relations entre l'Occident latin et l'Orient grec ou musulman. En effet, elles n'eurent pas seulement pour eflet de mettre aux prises, pour la possession des Lieux Saints, les chrétiens et les mahométan<». Lorsque la victoire des croisés leur eut permis, au XII" siècle, de fonder, en Palestine et en Syrie, des princi paulés chrétiennes, les nations occidentales y créèrent des établissements commerciaux et des colonies. Lorsque des traités de paix ou des trêves intervenaient entre les croisés et l'Islam, on y insérait des clauses commerciales donnant des libertés et des privilèges aux négociants de l'Occident, dans les pays arabes ou turcs, et les plaçant sous la garantie de conseils nationaux. Ils y obtenaient

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