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144 HISTOmE PARTIALE, HISTOmE VRAIE

des concessions avec maisons d'habitation, magasins de vente et ateliers, comme celles que la Chine a accordées, au siècle dernier, aux nations européennes.

Il en était de même, à plus forte raison, dans les paya qui étaient tombés sous la domination des chrétiens et faisaient un accueil favorable aux nations occidentales qui avaient pris part à ces conquêtes. Et ainsi, tout l'Orient vit se créer, du xii^ au xv" siècle, dans ses villes de commerce et ses ports, des consulats, des comptoirs et des colonies de peuples latins. En Syrie, par exemple, les Vénitiens avaient des établissements à Jérusalem, à Rama, à Beyrouth, à Tripoli, à Damas, à Alep; les Génois à Jérusalem, Saint-Jean d'Acre, Tyr et Tripoli; les Pisans à Saint-Jean d'Acre, comme les Amalfitains et les gens d'Ancône , les habitants de Montpellier à Acre, Tyr et Tripoli, ceux de Marseille à Acre et à Tyr, les Catalans à Tyr et à Damas. En Asie Mineure, nous trouvons des comptoirs génois dans la Petite Arménie, à Trébizonde, àSemisso, Sinope, Amaslri ; des comptoirs vénitiens à Sinope, Altoluogo, Palalia, Iconiura, des comptoirs florentins à Trébizonde. La Petite Arménie avait aussi des négociants de Plaisance et de Pise. Gènes et Venise occupaient la plupart des ports de la mer Noire, de la mer d'Azof et de Crimée, et du Pont. Véniliens, Pisans, Florentins, Anconilains. Catalans, Narbonnais avaient des entrepôts et des quartiers de commerce à Constanti. nople et dans les îles do l'Archipel et de la Grèce '.

De leur côté, les marchands musulmans, arabes, sarrasins, juifs venaient d'Orient, commercer dans les villes d'Occident. Lorsque le grand roi hongrois saint Etienne, vers l'an mille, eut entrepris de civiliser son peuple, il fit appel aux étrangers de toute nation, de tout rang, de toute religion ; aussi une loi de 1092 du roi Ladislas nous

I . Voir le répertoire de ces divers établissements dans Heïd, H, p. 57J.

prouve-t-elle qu'il y avait en Hongrie, à cette époque, des niahoiiiélans établis en permanence et vivant de leur commerce *. « A l'époque où Benjamin de Tudèle visita Montpellier (116611G7J, cette ville était devenue un marché cosmopolite d'une telle importance que les marchands y affluaient des pays musulmans aussi bien que des pays chrétiens. » Il en venait de l'Egypte, de la Palestine, de la Grèce et du Sud du Portugal, l'Algarve, alors sous la domination arabe •. Ce fut alors que s'établirent les foires internalionalcs de Beaucaire en Languedoc qui rivalisaient d'importance avec celles de Novgorod en Russie, de Provins, de Troyes et de Lagny en Champagne. On y voyait à la fois des Italiens, des Allemands, des Braban(;ons, des Espagnols, des Portugais, des Grecs, des Barbaresques et des Egyptiens'.

Le XIII" siècle élargit encore le champ des relations internationales entre l'Europe et l'Asie. C'est en effet le temps des grands voyages d'exploration dans l'intérieur du continent. Ils furent déterminés par l'arrivée des Turcs de race mongolique en Asie Mineure et en Syrie, (enr hostilité contre les Arabes et les projets d'alliance ipie cette communauté de sentiments fit naître entre eux et les Croisés. Des ambassades qui se doublaient de missions chrétiennes firent pénétrer des voyageurs occiden- (anx, le plus souvent des religieux, à travers l'Asie, jusqu'aux ports des mers de Chine.

Fn 12i4-, le pape Innocent IV envoya deux missions en Asie. La première, confiée à des dominicains, fut conduite »ar Ascelin , elle partit de Saint-Jean d'Acre alla en Méso- Wlaraie et en Perse et s'arrêta en Turkestan. La seconde

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