‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 71 sur 201 · I. HBROEitnoETiiEH, KirehenUxikon article Abissinien · texte numérisé non relu

I. HBROEitnoETiiEH, KirehenUxikon article Abissinien

avait de l'Afrique. Ils ont connu les sources du Nil qu'on n'a de nouveau découvertes qu'au xix° siècle ; ils ont dépassé Zanzibar et navigué jusqu'à Quiloa sur la côte du Mozambique ; ce fut d'eux que Marco Polo apprit l'existence de Madagascar et reçut des renseignements sur cette île. Ajoutons aussi que ces géographes, Edrisi entre autres, donnent des détails sur le pays des Noirs, le Soudan.

Les pirates sarrasins et barbaresques qui désolèrent la Méditerranée occidentale, emmenant eu captivité les chrétiens qu'ils rencontraient, arrêtèrent, pendant plusieurs siècles, l'exploration de l'Afrique par l'Europe chrétienne ; mais la découverte de la boussole, en permettant aux navires de s'écarter des côtes, donna un nouvel essor aux voyages d'exploration. « Le xii" siècle est, dans l'histoire de la navigation, une époque particulièrement intéressante. Enhardis par la découverte des propriétés del'aimant, les marins de la Méditerranée ont renoncé peu à peu aux vieilles routes péniblement suivies jadis d'île en île, de cap en cap >. » La haute mer est ouverte et la science de l'hydrographie est créée. C'est alors que commencent les grands voyages d'exploration de l'Ouest de l'Afrique et les séries de cartes maritimes ou portulans. Dès 1246, ua étudiant de Paris mentionnait dans un traité cosmographique les îles Fortunées ou Canaries, que Ptolémée avait déjà mentionnées, mais sur lesquelles on n'avait que les notions les plus vagues. A la fin du xiii« siècle, Marco Polo, écho de Ptolémée, déclarait que l'on pouvait faire par mer le tour de l'Afrique et se diriger vers les Indes par son extrémité méridionale. Cet homme de génie annonçait, deux siècles à l'avance, les grands voyages de Barthélémy Diaz et de Vasco de Gama par le cap de Bonne-Espérance !

I. Hamt, Ln mappemonde d'Angelino Dulcert de Majorque, dans le liuUeUn de géographie historique, n» 6.

HISIOIBE PARTIALE, HISTOIBE VBAIE »i

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Plusieurs peuples européens essayèrent à l'envi de réaliser ce vaste prograinine. Ce furent d'abord les Génois • « Confiants dans la parole de Ptoléméequedes gens partis des régions équatoriales étaient parvenus aux Indes, deux Génois, les frères Vivaldi, partirent à la découverte, en mai 1292 ; les deux galères franchirent le détroit de Gi braltar .. On n'eut de leurs nouvelles que cent soixante quatre ans plus tard. L'une s'était perdue sur un bas-fond l'autre sur la côte du Sénégal où les Génois auraient fait souche^ Vingt ans plus tard un autre Génois, Lanzarotc Malocello (Lancelot Maloiselj, s'établissait dans l'une des îles Canaries qu'il gouverna vingt ans.

En 13*5, c'étaient les Castillans qui essayaient de coloniser les Canaries, malgréles prétentions contraires des Portugais. Avecles encouragements du pape CléraentVI, l'infant d'Espagne La Cerda, amiral de Franco, s'embarqua à Cadix pourlesconquérir.« Au nombre de neuf ou di.^, disait une chronique de m&, ces lies sont habitées par gens m chrétiens, ni sarrasins ^ qui vivent à l'étal de nature, comme les bêtes, nus ; ils récollent le blé venu sans culture et l'écrasent avec des pierres pour en faire du pain; des pierres sont leurs seules armes ; car ils n'ont m fer m couteaux. Dans l'archipel, croissent des arbres qui ont jusqu'à cent quinze pieds de haut ». » La Cerda échoua dans son expédition. . „ .

Voisins des Cwlillans, les Catalans et les Majorquains étaient leurs émules sur mer. Au milieu du xiV siècle, leurs connaissances navales et géographiques étaient assez développées, comme la prouve la mappemonde

, De la RonciÈiiE, Histoire de ta Marine française. I, p. io3.

/ Les Européens qui allaient les coloniser ne craignaient donc pasde voir des peuples ayant d'aulres «cligions et d'autres nr.œur5 qu'eux-mêmes.

3. Ainsi parle aussi de ces îles le géographe arabe Ibn-KUaldo Cr. La RoMciÈRE, op. cil., i, p. io5.

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qu'exécuta, en 1339, à Majorque, Angelino Dulcert. Elle Jessine du Nord au Sud les côtes de l'Atlantique depuis les pays Scandinaves « qu'habitent des ours blancs » les Orcades et les Shetland, jusqu'aux iles Canaries ; et de l'Ouest à l'Est, les pays compris entre les îles Saint-Brandan (Madère) jusqu'à la Perse, la nier Caspienne et le pays des Ouzbeks ; elle donne des détails non seulement sur les côtes mais aussi sur l'intéiicur des terres ^ « Cette mappemonde, dit M. Hamy, montre qu'en 1339, les connaissances des géographes de Majorque étaient aussi avancées ([uc possible dans toutes les directions, qu'ils possédaient des données relativement exactes sur les côtes océaniques, entre la Scandinavie et le capd'Anguiu où les Portugais ne devaient arriver que cent sept ans plus tard, enfin qu'ils plaçaient à peu prés exactement sur leurs caries le golfe Pcrsique et la Caspienne. » 11 n'est donc pas étonnant que de Majorque aussi, soient partis, au milieu du xiV siècle, des explorateurs pour lo Sud de l'Afrique, comme ce Jacme Ferrer qui, le 10 août 134G, alla à la recherche du Rio do Ouro, identifié depuis avec le Sénégal.

Les Français, en particulier les Normands, ne restèrent pas indifférents à ces expéditions lointaines. Si nous en croyons certains historiens du xvii» siècle, qui ont eu à leur disposition des documents aujourd'hui disparus, dès 1304, des navires dieppois auraient doublé le cap Vert, mouillé au Rio-Fresco, créé des colonies qu'ils auraient appelées Peiite-France, Petit-Dieppe, Petit-Paris, le long de la côtede Sierra-Leono, et in)])orté en France le poivre, l'ivoire, la poudre d'or de Guinéf. D'autres navires seraient également venus dans cette région de Dieppe et de Rouen, en 1380 et 1383 ; on y aurait même bâti une église, encore debout au xvn» siècle *.

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