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la liilte, des péîipatéliciens, tels que Georges de Trebizonde, écrivaient des pamphlets injurieux contre « le divin Platon », le Cardinal intervenait encore et écrivait ses traités De natura et arle et In calumniatorem Platonis.
« Les œuvres philosophiques de Bessarion eurent une influence capitale sur le mouvement des esprits. D'une part, elles dégagèrent Aristote des commentateurs arabes et scolasliques qui, pour avoir voulu trop expliquer sa pensée, l'avaient altérée et obscurcie, et elles apprirent aux humanistes à aller chercher dans le texte même d'Aristote la vraie philosophie péripatéticienne. D'un autre côté, par sa défense si érudite et si chaleureuse do Platon, il montra que les hardies spéculalions de l'Académie ne méritaient pas toujours les méfiances du Moyen Age et qu'à la suite des Pères les plus illustres, on pouvait s'élever de la philosophie platonicienne aux vérités de la révélation. Il remit ainsi en honneur l'étude de Platon, ouvrant aux spéculations philosophiques de nouveaux horizons. Enfin, il enseigna par son exemple que dans le domaine de la raison, il faut éviter tout exclusivisme et que l'amour que l'on a pour un grand esprit ne doit pas fermer les yeux surles mérites et l'importance de tel autre. En substituant àla scolastique vieillie les œuvres dus génies de la Grèce, et en ramenant par là les esprits aux sources antiques, il a été le principal auteur de la Renaissance philosophique.
)i Comme Nicolas V, Bessarion eut la passion des livres. .. 11 mit à profit ses richesses, ses dignités, ses missions diplomatiques pour réunir l'une des plus riches bibliothèques de la Renaissance et la mieux fournie de toutes en ouvrages grecs... Composée avec discernement, elle rendit d'importants services à l'humanisme et à la difl'usion des études grecques. Bessarion en ouvrit l'accès à tous les lettrés, avec cette libérafité qui était de tradition dans l'Église Romaine ; et lorsque, le 81 mai 1*68, il la
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donna par testament à la ville de Venise, ce fut à la condition qu'elle demeurerait à la libre disposition des Vénitiens et de tous ceux qui désireraient y travailler. Devenue dès lors le principal fond de la bibliothèque de Saint-Marc, la collection de Bcssarion fut mise à contribution par les humanistes du monde entier. Laurent de Médicis, le cardinal Xiinéuès, François I""", Wolsey y ont fait prendre de nombreuses copies. Tous les Vénitiens illustres l'ont fréquentée. Jean Lascaris, Marc Musurus, Erasme, Thomas Campeggi, Pierre Bembo en étaient les hôtes habituels et assidus. Enfin, lorsque le célèbre imprimeur Aide Manuce voudra reproduire les textes de la littérature antique, ce sera auprès de labibliothèque deSainl- Marc qu'il établira ses presses. Il lui demandera les manuscrits d'Aristote et de Platon, de Sophocle et d'Euripide, dHérodode et de Thucydide, de Xcnoplion et de Théocrite qui lui servirent à établir ses savantes éditions princeps. Ainsi, la collection de Bessarion fut comme le foyer littéraire d'où les études grecques rayonnèrent sur l'Italie d'abord, et de là, sur le monde entier^. »
Le cardinal allemand, Nicolas de Cusa unit dans une même harmonie la foi chrétienne la plus profonde et la plus délicate culture classique. « Savoir et penser, disaitil, voir des yeux de l'esprit la vérité, voilà le vrai bonheur. Plus on avance en âge, plus ce bonheur grandit et plus on s'applique à chercher la vérité, plus on se sent enflammé du désir de la posséder. » Animé de cet amour de la vérité, il s'adonna non seulement à la philosophie scolastique du Moyen Age, mais encore à la philosophie grecque d'Aristote et de Platon. Pour mieux comprendre la vraie pensée de ces grands esprits, il la demanda au texte original de leurs œuvres, et pour cela, apprit si bien le grec qu'il devint l'un des meilleurs hellénistes de son temps. Bientôt, ce fut la littérature entière qui l'attira et,