‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 79 sur 201 · I. PA.5T0R. Il, p · texte numérisé non relu

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teur de vue de ce travail qui, dit-il, a exercé une grande influence sur l'œuvre de Christophe Colomb. Un pape, précurseur, inspirateur de Christophe Colomb ! voilà qui étonnera les disciples et les admirateurs de M. Calvel et de MM. Guiot et Mnue!

A l'exemple de Nicolas V, cet humaniste devenu pape protégea les artistes et les écrivains ; mais il donna une préférence marquée aux représentants de la Renaissance chrétienne. Il favorisa tout particulièrement Flavio Biondo auquel il demanda d'écrire sa Roma triumphans. « Cet ouvrage, a-t-on dit, est la première grande tentative d'une histoire générale de l'antiquité romaine ; » il fut dédié à Pie II. Avec l'histoire, ce pape protégea les sciences ; il attira à Rome le célèbre astronome Battisla Pissio, et il vécut jusqu'à sa mort dans un entourage de lettrés '.

L'histoire enfin a reconnu depuis longtemps l'influence considérable qu'a eue l'Eglise sur les destinées de la Renaissance, puisqu'elle a donné le nom du pape Léon X au temps où elle s'est épanouie dans son apogée, de telle sorte que Renaissance et Siècle de Léon X sont deux expressions devenues synonymes. C'est d'ailleurs justice; car Léon X fut le protecteur et l'ami des deux plus grands artistes de la Renaissance, Raphaël et Michel-Ange ; et sous son règne, Rome devint le centre littéraire du monde entier. « De toutes parts, écrivait, en juillet 1515, le cardinal Riario à Erasme, de toutes parts les littérateurs se pressent dans la Ville Éternelle qui est pour tous la patrie universelle, la nourrice et la protectrice 2. » Auprès de Léon X, à portée de ses encouragements et de ses largesses, on vit accourir des poètes tels queSannazar et Vida, des humanistes tels que le français Longueil, des historiens tels que Guichardin et Paul Jove, des archéo-

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logues tels que Mazocchi et Andréa Fulvio.des hellénistes enfin tels que Musurus et Lascaris qui fondèrent, a Rome, un collège grec. .

Sans doute, on peut reprocher à Léon X d avoir montré peut-être trop d'enthousiasme pour l'antiquité et de n avoir pas suflisamment distingué, dans ses écrits. ce«x ^m glorifiaient la morale et ceux qui la méprisaient Maigre ces entraînements. Léon X n'oubliait pas qu il était pape et lorsque, dans une bulle solennelle, il proclama son amour pour les lettres et les arts, il déclara vouloir les faire servir à la gloire de Dieu. . Depuis qu éleva par la «-race de Dieu, à la dignité pontificale, nous nous soinmes consacré au gouvernement et à l'agrandissement de l'Église, nous croyons devoir, à côte d'autres aflaire.. nous occuper prcférablcment de la liUératuro et des beaux-arts; car depuis notre plus tendre jeunesse, nous avons été convaincu qu'après la connaissance et la vraie adoration du Créateur, il n'y a rien de meilleur et de Plus utile pour les hommes que ces études qui, non seulement fournissent un ornement et une ligne de conduite a la vie humaine, mais aussi sont utiles dans chaque situation qui nous consolent dans le malheur, nous réjouissent et nous honorent dans le bonheur, et sans lesquelles l-homme serait dépouillé de toute éducation soc..^e Lu sécurité et la profession de ces éludes paraissent surtout dépendre de deux circonstances, qui sont Taboadance des hommes savants et la multiplication des livres de valeur. A l'égard des premiers, nous espérons avoir montré avec l'aide de Dieu, que nous avons le dcsir ardent elle ferme dessein de recompenser et d'honorer le mérite, ce qui a toujours été notre plus grande joie Juant à l'acquisition des livres, nous remercions Dieu qu il nous ait donné aussi l'occasion d'être utile au genre humain . » Ce programme si noblement exposé, Léon X I a accom-

, Rosco". "■•- -<' '-•"n f. t. II. p ihn.

niSTOinE PAHTIALE, IllSTOlnE VRAIE

ph. lia enrichi sa bibliothèque du Vatican de manuscrits et de livres achetés parfois à grands frais dans le monde entier; cl ces trésors, il les mettait libéralement à la disposition de tous les littérateurs, de tous les savants « Pour la découverte des œuvres précieuses de l'an^ c.enne littérature, dit-il. nous n'avons craint, depuis le commencement de notre pontificat, ni peines ni dépenses ; et nous avons veillé, autant que Dieu nous le permettait, à ce que les hommes capables, en particulier les savants, trouvassent profits et dislinclioBS .

Ces hommes savants, il les fit venir de fous les pays pour professer à l'Université de Rome. Ce furent le philosophe Agoslino Nifo. le médecin Christophe Arétin le juriste BoUicella. les humanistes Parisio et Calcbondi'je le premier, professeur de rhétorique, le deuxième professeur de grec. Une chaire particulière fut érigée' pour la langue hébraïque. En 15U, quatre-vingt-dix-huit professeurs enseignaient à l'Université romaine '.

Recruté par des papes tels que Pie II et Léon X le Sacré Collège se peupla d'humanistes chrétiens, dignes émules de leur glorieux prédécesseur Bessarion Créé cardinal, en 14C0. par Pie 11, Ammanati prit pour modèle son protecteur. Comme Nicolas V, il avait grandi dans la pauvreté et le travail, et lorsque la faveur des papes l'eut élevé aux plus hautes dignités, il garda de ses origines l'amour des humbles et des lettres. Kvéque de Pavie l'un des membres les plus influents du Sacré-Collège il ne cessa de composer des livres. Il écrivit les vies des papes et de nombreuses lettres ; et il continua les Cornmentairfs de Pie II. « Ses écrits, nous dit Pasfor ^ font partie des sources les plus précieuses de l'histoire de son temps. » L'humanisme n'atténua en lui ni la piété

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