‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 93 sur 201 · I. Janssen, ibid., pp. II et · texte numérisé non relu

I. Janssen, ibid., pp. II et

a. Presque tous les manuels mentionnent l'introduction de liiuprimerie en France sous Louis XI ; mais aucun ne dit que co fut par la protection de l'Église; elle esl passée soigneusement BOUS silence.

3. Ainsi appelé parce qu'il était originaire de Sdin près de Bâle.

l'église et les origines de l'imprimerie 217

lettres d'un humaniste alors fort en vogue. Gaspaiiuo de Vérone{1470). Ilfutbienlôt suivi derOW/tOi/rfl;)ftiadumerae r.asparino. Elle parut avec une préface de Fichet célébrant .vec enthousiasme rimprimerie. Bientôt fui imprime un àalluste sur vélin, conservé aujourd'hui à la Bibliothèque ûaUonale.dévrier U71). Fichet lui-même donna a Timpression.enjuilletsuivant.undesesouvrages.lafi/a'ionca.qm, aussitôt sorti des presses de la Sorbonne, fut envoyé au cardinal Rolin, au roi René, à r.uillaame Cliarlier, eveque do Paris, à Charles de Bourbon, archevêque de Lyon, a Charles de Guyenne, frère de Louis XI, au duc de Bretagne, etc. L'imprimerie de la Sorbonne notifiait ainsi son existence aux grands personnaiics épris des lettres; elle édita vingl-deux ouvrages de 1470 à 1473.

Bientôt, les locaux du Collège ne suffirent plus et, en 1473,

l'atelier fut transporté, aux frais de Fichet, dans une maison de la rue Saint-Jacques, appartenant à la Sorbonne. à l'enseigne le Soleil dor. Le premier livre qui y fut publié fut le Manipulus Curntorum de Guy de Montrecher (21 mai 1473) ; la première Bible française en sorUt en 1476.

D'autres imprimeurs allemands vinrent, vers le même temps, à Paris et y établirent de nouvelles imprimeries. Le inaitrè-ès-arts, César, en fonda une dans une autre maison delà Sorbonne, une troisième se fixa ^uSoufllct ycrt, non loin de la Sorbonne.

Les prélats de l'Eglise de France s'intéressèrent rapidement à ces ateliers qui avaient été fondés et se développaient sous le j)atronage de l'un des grands collèges de l'Université: ils ne tardèrent pas à leur apporter leurs commandes. Un ancien professeur du Collège de Navarre, devenu évéque de Saintes. Louis de Rochechouart. avait mis en quatrains la grammaire de Guillaume Tardif ; il les fil imprimer au Soufflet Vert ; ce fut le premier livre date, imprimé avec mots français (1475). En 14S0, le cardinal Rolin. évéque d'Autun. lit imprimer à Paris son bréviaire

218 HISTOIRE PARTIALE, HISTOIRE Va,\IE

diocésain ; et son exemple fut suivi par l'évêque de Paris qui successivement demanda aux presses de la rue Saint- Jacques, en 1494, le psautiernoté, en 1497, le missel noté de son Eglise *,

Un autre collège de l'Université de Paris, le collège de Narbonne, tint aussi à avoir des presses dans ses murs ; eUes furent dirigées par Simon BoUiger d'Allenstein en Prusse, qui était à la fois recteur de l'Université etimprimeur, (1481 et années suivantes). Vers le même temps, Guyot Marchant, prêtre et maître-ès-arts, avait une imprimerie derrière le collège de Navarre.

Rapidement, les principales villes de France eurentleurs ateliers, grâce à des ouvriers imprimeurs appelés soit de Paris, soit d'Allemagne, le plus souvent par de hauts dignitaires ecclésiastiques. En 1479, par exemple, un chanoine de Saint-Hilaire-le-Grand, Bertrand de Brossa, faisait venir de Paris un imprimeur à Poitiers et le logeait dans sa propre maison. C'est là que fut édité le premier livre de Poitiers, le Breviarium historiale (14 août 1479). Peu après, l'imprimerie se fixa au bourg Saint-Hilaire où elle vécut et se développa sous la double protection de l'abbaye de Saint-Hilaire et de l'Université qui était un corps ecclésiastique. Il est à noter aussi que l'imprimeur appelé par Bertrand de Brossa était lui-même prêtre-.

Ce fut l'évêque de Limoges, Jean III deBartonde Montbas, qui introduisit l'invention nouvelle dans sa ville épiscopale. Ancien président des Enquêtes au Parlement de Paris, n avait faitfaire à Jean du Prèle missel de Limoges, revu et mis en ordre par son frère Pierre de Bartou ; les épreuves en furent corrigées à Paris au collège des Limousins (1483). Mais le bréviaire du même diocèse parut, à Limoges même, en 1496, une imprimerie ayant été créée, entre 1483 et 1496, soit par Jean III,

Page 1