I . Claudir, n, p. B
3. CLiUbii», Origines et débats de l'imprimerie ù Poitiers^ p. i6.
L'ÉGLISE ET LES onTGINES DE L'iMPRIMEniE 219
soit par son neveu et successeur, Jean IV de Barton. Les pays de l'Est de la France durent à leurs relahons fréoTientes avec rAllemagne, d'avoir rapidement des aielie. s de typographie; et ce fut toujours sur 1 initiative et avecles encouragements de l'Eglise.
Un prêtre gradué, originaire de la ville d Augsbourg, Pierre Mellinger, amena une équipe d'ouvriers à Besançon en 1487. puis àDôle où s'imprimèrent, en 1490. les ordonnances et coutumes de Bourgogne. Elle se rendit de la a Dijon, où Jean de Cirey, abbé de Citeaux.l insUiUa dans sa résidence même, l'hôtel du Petit-Cîteaux, et lui fit éditer les privilèges d« l'Ordre et plusieurs autres livres Vers le même temps, l'abbé de Cluny imitait l'exemple de Citeaux et. passant marché avec MicheH ensler de Strasbourg, l'un des premiers imprimeurs de Bâle, 1 établissait dans son abbaye. . „ u ■» •» .,r. L'archevêque de Lyon. Charles de Bourbon, était un prélat lettré : il était l'ami du cardinal Bessarion, 1 une des gloires de l'humanisme chrétien, et du professeur de Sorbonne Fichet.qui lui avait envoyé un des exemplaires de sa flftetonca. A l'exemple de ce dernier, il s enthousiasma pour la typographie ; U fit venir de Mayence 1 un des maîtres les plus habiles de cet art. Jean Neumeister. et lui confia l'impression magnifique du missel de Lyon . A la mort de ce mécène, Neumeister passa au service de l'archevêque de Vienne, Angelo Caltho. ancien aumônier de Louis XL ami très éclairé des lettres, lui aussi, puisque ce fut à sa demande que Commines écrivit ses mémoires '. H donna son bréviaire à imprimer à 1 artiste mayençais. .... .
Un cerUin nombre de diocèses firent appel a 1 un des imprimeurs de Paris le plus en vue, Jean du Pré. celui qui édita pour Jean III de Barton le missel de Limoges.
I . Ct.ÀUDin. Origines de Timprimerit i Mhy. p. 73. s. Ibid., p. 77.
UISTOIRE PAHTIALE, HISTOIRE VRAIE
En 1482, nous le trouvons à Chartres où un riche chanoine, Pierre Plumé, l'avait fait venir ». Deux ans après, il crée un atelier à Salins à la demande de l'archevêque de Besançon, Charles de Neufchàtel, et sous la protection du chapitre de Saint-Anatoile ; il y compose, en 1484, lo bréviaire et, en 1485, le missel de Besançon. En 1492, il est à Uzès, appelé par l'évêque Nicolas Maugras, el en 141)7, à Avignon, appelé par le prolégat, Clément delà Rovère '.
Enfin, pour beaucoup d'autres villes encore, les documents nous mentionnent, pendant la période des incunables, c'est-à-dire avant 1500, des ateliers de typographie installés dans les cloîtres de cathédrales par les évéques et les chapitres, dans les couvents par les abbés, el jusque dans de modestes presbytères de villes ou de bourgs: à Embrun (1487), où l'archevêque mande d'itahe, un imprimeur français Jacques le Rouge, précédemment établi à Venise et dernièrement à Pignerol, et l'installe dans son propre palais » ; à Grenoble, où Etienne Foret ouvre sa boutique devant l'église Sainte-Claire (1490) et ou, en 1496, l'évêque Laurent Aleman et ses chanoines fout venir de Rouen Jean Bellot ; à Metz, où, en 1482, deux Carmes établissent une presse dans leur couvent,' comme fait, en 1487. l'abbé de Lantenac près Loudéac, en Bietagne ; enfin dans le petit village de la Goupillière, près Evreux, où un pauvre curé de campagne imprime lui-même, dans son modeste presbytère, le livre d'heures de sa paroisse*.
Cette énumération que nous aurions pu allonger encore nous conduit à la conclusion de l'un des historiens de l'imprimerie en France. M. Labande : . Si dans le xV siècle.
1. CiiKisTi\!i, Les débats de l'imprimerie en France, pp. 5oe i. Labande, L'imprimerie en France au xv su-cte. a. CiinisTiAr», op. cit., p. 5o.