‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 98 sur 201 · I. Pastob, t. IT, p. 6o · texte numérisé non relu

I. Pastob, t. IT, p. 6o

> Ft'HAGALLi, op. cit. article Veneiia.

Z. Steis, L-origUucImmpcnoisedcl-imprimcuryicolasJtnsond^n» la liibliolhique de l'École des Charles, 1S87.

HISTOmE PARTIALE, HISTOIRE VRAIK

temporains célébraient à la fois les vertus chrétiennes et la haute science, Laurent d'Aquila, Boneto Locatelli, les conventuels du couvent des Frari (1474- 1478),les converties de Sainte-Marie Madeleine alla Giudecca, où la composition était faite « per mania monialium yœnUenUnm.»

La plusillustre imprimerie de Venise fut assurément celle des Manuce qui fut dirigée successivement, au xv« et au XVI' siècle, par Aide l'Ancien, son fils Paul et son petit- fils Aide le jeune. Si elle s'imposa à l'admiration de la Renaissance, ce fut surtout par ses belles éditions d'auteurs grecs, comme celle d'Aristote. Or ces éditions ne lui furent possibles que grâce à la collection riche en manuscrils grecs que l'illustre cardinal Bessarion avait léguée à Venise et qui devint le premier fond de la célèbre bibliothèque de Saint-Marc. Remarquons aussi que ces éditeurs eurent de précieux auxiliaires dans les cardinaux lettrés qui leur donnèrent leur concours scientifique, le cardinal Bembo qui prépara l'édition du Cnnzoniere de Pétrarque d'après le manuscrit de la Vaticane, et le cardinal Aleandro qui se fit le correcteur de plusieurs de leurs publications.

Les autres villes d'Italie n'eurent pas des imprimeries aussi nombreuses et aussi célèbres que celles de Rome, de Florence et de Venise ; mais celles qu'elles possédèrent elles les durent en grande partie à l'Eglise, comme le prouve le rapide tableau suivant.

AscoLi dans les Marches. Le curé (plehaniis) de Saint- Venance, Miser Pascalp,avait installé dans sonpresb.vtère un imprimeur allemand, maître Guillaume de Linis, qui édita, en 1477, saint Isidore. Dix-neuf ans plus tard, un atelier était établi dans le couvent de Sainte-Marie de Solistano les Frères Mineurs et dirigé par frère Jean de Teram' ; il édita, à cette date, les Statuts de la ville ; l'atel er dura jusqu'en 1546.

Bot.oG.NE. L'un (les premiers livres qui y fut imprimé, le

l'église et les OBiniNES DE LI.MPRIMEniE 22&

Repertorium ulriiisque juris de Pedro da Monte, évêque de Brescia, fut corrigé par le recteur ecclésiastique du Collège Albornoz, (1473). 11 avait été précédé, en 1471, d'uueéditioQ d'Ovide, entreprise sur les encouragements du cardinal légat de Bologne, auquel elle est dédiée.

Brescia. Un prêtre, Pierre Villa, y établit l'imprimeur allemand Gérard de Lisa et lui fit imprimer, en 1473, les œuvres de Virgile, de Juvénal et de Perse. Capoue. La première imprimerie fut celle de l'allemand Chrétien Preller, qui fut appelé à Capoue par l'archevêque Giordano Caetani, pour y éditer le bréviaire diocésain (1489).

Cakpi. L'imprimeur Dolcibelli ouvrit un atelier dans le

couvent de Saint-Nicolas (1506).

Casal (Montferrat). En 14^1, GuUlaume de Canepa nova imprima une édition d'Ovide aux frais du « vénérable prêtre Etienne de Ulmo, » prévôt de Bobbio. Ferrare. La Chartreuse de Ferrare avait, en 1503, une imprimerie qui fit une superbe édition du missel des Chartreux ; elle est à deux couleurs. On en possède de magnifiques exemplaires sur parchemin ; ils comptent « parmi les plus beaux livres Uturgiques qui aient jamais été imprimés. »

FivizzANO. Un prêtre du nom de Baptiste et son frère Alexandre établirent dans leur pays un de leurs concitoyens qui avait appris la typographie à Venise, et ils lui firent éditer, en 1472, les œuvres de Virgile. Funtebuo.no (monastère annexé à Camaldule). Pierre Delfino, général des Camaldules, successeur du célèbre humaniste Ainbroise Traversari, y fonda, vers 1470, une imprimerie qui persista à travers le xvi' siècle. Gènes. A la fin du x\° siècle, les Carmes y avaient une imprimerie que dirigeait « in domo b. Mariae Cruciferorum» le Frère BattisU Cavallo.

Naplks. L'imprimerie y fut introduite par un prêtre

UI3I01HK PiKllALK, UlhTOlHE VKAI» »

226 uisToinE pautiale, histoihe vraie

allciiiaixl Sixto Riessiiiger, ilisciple de Ciilleiiihcrg. Sa première édition fut, vers 1470, le C. Plinii Novocomensis liber iUnstrium virorum. I) demeura à Naples jusqu'en 1483. Il se transporta alors à Rome et retourna en Allemagne, où il refusa un évêclié. .( Les éditions de Sixie sont assez bonnes, soit pour l;i lieauté des caractères, soit pour la correction du texte. )) Il est loué par (îiustiniani comme le premier qui ait fait usage des interlignes.

NoNANTOLA. La célèbre abbaye de Nonantola eut, dès 1480, une imprimerie qui avait pour directeurs les deux religieux Antoine et Georges Miscomini.

Parme. La Chartreuse de Parme avait une imprimerie en 1477 ; les religieux eux-mêmes en étaient les compositeurs.

Pavie. « La plus importante peut-être des anciennes éditions de Pavie est celle qu'Ambrogio Teseo, des comtes Albonesi, né à Pavie en 1469, savant Augustin, lit imprimer dans l'abbaye de Saint-Pierre in Cœlo Aureo dont il était l'abbé. Il avait gravé et fondu de sa main quarante caractères de diverses langues orientales. » Dès lors, l'imprimerie de ce couvent fut l'une des plus renommées du monde pour les éditions de langues orientales.

San-Gekmano Vercellese. Cette célèbre abbaye cistercienne, située près de Verceil, avait, en 1484, une imprimerie quedirigeait Jacques Suico.

Savigmano (Piémont). L'imprimerie y fut introduite, vers la fin du XV' siècle, par un ouvrier allemand Glim, qui avait appris la typographie dans l'abbaye de Subiaco ; il y publia, outre des livres religieux, un Boèceet un Ovide.

Savone. La première imprimerie y fut établie, dansle couvent des Augustins, par le moine Jean Buono qui y appela quatre Allemands t illius artes [Jerilosni ou y édita un Buèce,

l'éclipe et les origines de l'imprimerie 227

ToRREBELViciNO, près Vicence. « Jean-Léonard Longo, auparavant curé de l'église Saint-Paul de Vicence. puis de Saint-Laurent de Torrebelvicino, entre 1470 et l'iSll, ayant appris l'iiupriraerie, établit chez lui, à Vicence, un atelier qu'il transporta ensuite dans sa nouvelle résidence. » En 1482, nous retrouvons Longo curé et imprimeur à Trente.

ViCËSCE. .Jean-Léonard Longo, curé de Saiut-Paul, y établit une imprimerie en 1476'.

« En Espagne, comme ailleurs, le clergé a exercé une innuence des plus favorables sur la propagation de l'art typographique. Il y a encore des bréviaires et des missels que nous ne connaissons, jusqu'à cette heure, que par des sources documentaires. Mais déjà, le nombre des livres liturgiques qu'on a imprimés en Espagne, jusqu'en 1.500, est très considérable.,.. Il est bien connu que l'innuence du clergé ne s'est pas bornée à la production de bulles d'indulgences et de livres liturgiques. Nous avons en Espagne, comme à l'étranger, des monastères qui ont établi des imprimeries dans leurs enceintes; nous avons nombre de personnages du clergé séculier qui ont été imprimeurs eu.\-mèmes. Mais nous avons surtout des membres du haut clergé, des abbés, des évêques, des archevêques même qui, comme auteurs, ont défrayé euxmêmes l'impression de leurs ouvrages ou qui ont pris soin de faire imprimer des livres dautrui. »

Ainsi s'exprime M. Conrad Haebler dans son Histoire

de la Typographie ibérique au xV siècle*. C'est ce que va

nous montrer un rapide coup dœil jeté sur les premiers

temps de l'imprimerie dans la péninsule.

Ce fut Lambert Palmar. originaire du diocère de Cologne,

I. Toui ce» renseignemenM >oqI lires de Fumagalli, Uxicon lypographicum Italia.

». llAEmLBR. Ilialoireieta typographie ibérique au AT«l«^c(»,p. ifl.

qui importa, à Valence, l'art né en Allemagne. Il édita une version de la Bible en dialecte valencien, faite par Bouiface Ferrier, frère de saint Vincent Ferrier (1477). Deux ans plus tard, un prêtre, Henri Botel, établissait la première presse de Lérida ; il éditait le bréviaire de ce diocèse-. Vers le même temps, un autre prêtre catalan, Pedro Posa, ouvrait à Barcelone un atelier, qui montra une certaine activité de 14S5 à 1518.

L'archevêque Antonio de Fonseca et son chapitre appe lèrent les premiers imprimeurs à Saint-Jacques de Corapostelle, le sanctuaire de l'Espagne. Ils firent venir, en 1483, Jean de Bobadilla, habitant de Burgos, et Alvaro de Castro, originaire de Villasendino et leur commandèrent cent vingt bréviaires. Dans l'île de Majorque, Nicolas Calafat établit son atelier dans le monastère de la Sainte-Trinité ou de Miramar, dans la cité de Val di Mussa d'où il était originaire*. C'est encore dans un couvent, celui de Saint-Pierre martyr, que vint se fixer le premier imprimeur de Tolède, Jean Vasquez, en14863.

i:n 14S9, vint de Flandre un certain Barthélémy de Lille ; il alla à Coria offrir ses services à l'évêque de cette ville, Pedro Ximenès de Proxano, t protecteur déclaré du nouvel art », qui lui fit imprimer un office de la Visitation. On connaît aussi de lui un Blason édité avec de nombreusesgravures.En 1490, «quatre compagnons allemands, Paul de Cologne, Jean Pegnitzer de Nuremberg, Thomas Glockner et Magnus Herbst s'établirent à Séville; ils y éditèrent sur vélin l'Antiphonaire et le Graduel notés du diocèse, « un des monuments les plus beaux de l'ancienne typographie, non seulement par les caractères avec lesquels le texte et la musique ont été composés, mais surtout par les initiales fort curieuses « (p. 48). Leur réputa-

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