‹ Histoire partialeChapitre 10 sur 214 · Conservé aux Archives des Hautes-Alpes, G, 779. et suiv · texte numérisé non relu

Conservé aux Archives des Hautes-Alpes, G, 779. et suiv

l'ÉDIT de NANTES 23

A Vejnes, l'évêque avait défendu d'enterrer dans le cimetière catholique le protestant Lambert, mort en travaillant le jour de l'Ascension ; il en avait d'autant plus le droit que les calvinistes avaient leur cimetière à eux. Mais, conduits par leur pasteur, les protestants envahirent le cimetière catholique ; « étant tous comme en furie, il semble qu'ils ne cherchaient que sédition. » (f° 42 v°). A Serres, qui était une place de sûreté, les réformés refusèrent de laisser Tévêque entrer dans la ville ; car le culte catholique y était interdit. Bien que « ceux de la dite religion protestante ont un temple et cimetière, néanmoins ils détiennent et occupent l'église et cimetière des catholiques. » A Mévouillon, l'évêque ne peut visiter l'église paroissiale, « à cause qu'elle est dans la forteresse dudit lieu en laquelle il n'a pu entrer pour être occupée par ceux de la religion prétendue réformée. » (f° 250). A Saint-Julien d'Orpierre, les protestants occupent l'église et leur ministre prend les revenus de la cure (f° 286). A Saint-Julien-en-Brussard, ils ont emporté les cloches. (f« 411).

La situation est la même en 1612. Au cours de ses visites pastorales, l'évêque de Gap Salomon de Serre ne peut pas entrer dans l'églisede Mévouillon, toujours occupée par les réformés et les catholiques sont obligés d'en construire une autre. Encore en 1641, les protestants continuaient à se servir du cimetière catholique à Trescléoux, à Serre, à Saint-André-en-Bochaine *.

Maîtres de Nîmes, ils n'avaient exécuté aucun des articles de Tédit de Nantes qui étaient en faveur des catholiques. Aussi, en août 1601, ceux-ci, d'accord avec leurs coreligionnaires d'Uzès, présentèrent-ils leurs doléances au connétable de Montmorency, gouverneur du Languedoc. Ils réclamaient : 1° l'exercice de leur culte dans tous les lieux où il se célébrait aupara-

I. Procès-verbal de visites. Archive» des HautG8-Alpes, G, 781. a. Ibid., G, 784.

vant et la remise par les consuls de maisons décentes là où les églises avaient été abattues par les protestants ; 2° la restitution du clocher de la cathédrale de Nîmes occupé par les réformés sous prétexte de guet; 3** la restitution des cimetières, avec défense aux protestants d'enterrer leurs morts dans la cathédrale^. Le connétable fit droit à leur requête et les consuls promirent d'en tenir compte. Ils ne s'étaient pas encore exécutés en 1622 ; car les mêmes réclamations étaient présentées, le 11 novembre 1622, par le clergé de la cathédrale '^. En 1601, les catholiques de Montpellier invoquèrent l'article 5 de l'édit de Nantes pour demander la restitution par les protestants de l'église de Notre-Dame des Tables. Les commissaires du roi dans le Bas-Languedoc, Chamlay et du Bourg, accueillirent leur réclamation ; mais, lorsque l'évêque voulut prendre possession de ce sanctuaire, le 28 décembre 1601, la populace ameutée par les protestants fit voler une grêle de pierres sur lui et il ne put pas entrer dans l'église. Ce ne fut que l'année suivante que les catholiques purent avoir la jouissance de leurs églises. Cette attitude des protestants était prévue puisqu'ils avaient auparavant empêché, à Montpellier, la publication de l'édit de Nantes '. A La Rochelle, comme partout où ils dominaient, les protestants « retenaient l'usage exclusif des églises ». C'est avec les plus grandes difficultés que Sully obtint pour les prêtres catholiques de cette ville le droit d'entrer dans les hôpitaux quand ils y seraient appelés par leurs coreligionnaires, celui d'enterrer leurs morts, « même avec fort peu de solennité, la permission d'avoir une église et l'engagement de la municipalité d'empêcher le peuple d'injurier les catholiques dans la rue ^. »

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