‹ Histoire partialeChapitre 11 sur 214 · Jhid., II, ig · texte numérisé non relu

Jhid., II, ig

'i. Vaissète. Histoire du Languedoc, (éd. Molinier), XI, p. 889.

li. d'Ave.xel. liichelieu et la Monarchie absolue, III, p. 292.

l'ÉDIT de NANTES 25

C'est surtout dans le Béarn que les catholiques étaient privés du bénéfice de l'édit de Nantes, et c'est là qu'ils avaient le plus besoin de sa protection. Lorsque, le jour de Noël de' 1560, Jeanne d'Albret s'était déclarée protestante, elle avait fait dresser l'inventaire de tous les biens ecclésiastiques de la Navarre et du Béarn, puis les avait confisqués. Les églises devinrent des temples. Leurs biens et ceux des monastères furent réunis à la couronne ; une partie servit de dotation au culte protestant — le seul permis — et aux écoles qui étaient placées sous Tautorité des pasteurs ; l'autre fut vendue. Lorsque le fils de Jeanne d'Albret, Henri IV, eut abjuré le protestantisme, le pape lui donna l'absolution à la condition expresse que, réparant le mal fait par sa mère à l'Eglise, « il restituerait l'exercice de la religion catholique dans le Béarn, qu'il y nommerait au plus tôt des évéques catholiques et que jusqu'à ce que leurs biens pussent être restitués aux églises, il donnerait et assignerait du sien aux deux évêques de quoi s'entretenir dignement. » Ainsi, dès 1595, avant l'édit de Nantes, Henri IV s'était engagé à rendre aux catholiques leurs biens, leurs églises, et la liberté de leur culte dans ses possessions personnelles du Béarn.

L'édit de Nantes lui en faisait une nouvelle obligation ; en effet, dit M. Hanotaux, « il faut reconnaître que du moment où le roi Henri, roi très chrétien et fils aîné de l'Eglise, assurait aux protestants, par l'édit de Nantes, la liberté de conscience et même une situation politique privilégiée dans son royaume de France, il lui était absolument impossible de maintenir les mesures qui interdisaient l'exercice de la religion catholique dans son domaine du Béarn, où d'ailleurs la population catholique était incontestablement en majorité ^ o Quand on allègue qu'il n'y était pas rigoureusement tenu par

Page 1