Arch, du Jura, G
tième^. » Mais on peut dire que ces privilèges n'étaient accordés qu'à bon escient et aflQnner que, de tous les impôts de l'Ancien Régime, la dime était celui qui respectait le plus le principe de l'égalité. C'est donc une erreur manifeste d'affirmer qu'il grevait lourdement et uniquement la propriété paysanne.
2"^ // était variable et suivait exactement les vicissitudes de la matière imposable. Les hommes de la Révolution ont cherché à proportionner exactement l'impôt aux capacités du contribuable. C'était le principe même qui avait présidé à l'établissement de la dîme. Comme elle n'était qu'une fraction du produit de l'agriculture et de l'élevage, elle tenait un compte rigoureux des variations qui se produisaient, chaque année, dans les revenus des propriétaires fonciers ou de leurs fermiers. Dans les années d'abondance, elle était importante et se payait facilement; au contraire, dans les années de disette où l'on avait une certaine peine à la payer, elle était faible; enfin, quand la récolte était nulle, il n'y avait pas de dîme, t La dîme, dit M. d'Avenel, suit les variations de la récolte; elle s'adoucit d'elle-même dans les mauvaises années; et si elle s'élève, c'est en proportion de la prospérité du contribuable^. » Et avant lui, l'un des hommes qui s'est préoccupé le plus sincèrement du bien du peuple sous Louis XIV, Vauban^, a fait la même remarque : « Ce tribut a toujours une proportion si naturelle et si précise à la valeur présente de la terre qu'il n'y a point d'expert ni de géomètre, pour habile qu'il soit, qui en puisse approcher par son estime et son calcul. Si la terre est bonne et bien cultivée, la dîme rendra beaucoup ; au con-
I, Dk.msart. Collection de décisions nouvelles... (PariSj 1771), art. Dune. C'était un privilèfijc analogue à celtii qui, de nos jours, dispense d'une partie de l'impôt foncier, pendant 3o ans, les terres marécageuses ou montagneuses que l'on boise.
a. d'Avk>(el. Hichelieu et la monarchie absolue, III, chap. V.