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La dinie ruyule, pp. g-SG

traire, si elle est négligée ou qu'elle soit mauvaise, médiocre et sans culture, elle rendra peu ; mais toujours avec une proportion naturelle à son degré de valeur. »

3<* Enfin la dîme était prélevée en nature^. On a essayé justement de tirer parti de cette particularité pour la rendre odieuse à l'opinion publique. « Je plains, a écrit Voltaire, le sort du curé de campagne obligé de disputer une gerbe de blé à son malheureux paroissien, de plaider contre lui, d'exiger la dîme des lentilles et des pois, d'être haï et de haïr, de consumer sa misérable vie dans des querelles continuelles qui avilissent l'âme autant qu'elles l'aigrissent^. » Taine a fait écho à Voltaire dans un passage de son Ancien Régime^ et tel manuel scolaire, pour inspirer aux enfants la haine des curés et des moines vivant, sous l'Ancien Régime, de la sueur du pauvre cultivateur, nous en montre un venant, gras et gros, charger sa charette du produit de la dîme sur le champ même du paysan.

Outre que la scène est singulièrement dramatisée, on ignore ou on feint d'ignorer que, le plus souvent, le curé ou le décimateur affermait à un laïque la perception de la dîme et ne s'en chargeait pas directement luimême. Fait plus grave : on méconnaît la mentalité qu'ont, encore de nos jours, les populations rurales et qu'elles avaient plus forte encore avant la Révolution. Il ne faut pas avoir vécu longtemps à la campagne pour avoir remarqué que le cultivateur est beaucoup plus économe de son argent que des produits du sol ou de la ferme. Il vit sur ces derniers et les donne assez facilement

1. On peut citer des pays où telle dîme fut acquittée en argent et devint un impôt fixe annuel et d'autres où elle fut rachetée pour toujours par le versement d'une somme d'argent au décimateur ainsi désintéressé à perpétuité ; mais, en général, elle était payée par le prélèvement d'une partie du produit taxé.

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