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considérables. Dès le iv® siècle, beaucoup d'évêques faisaient abandon de leur patrimoine à l'église dont ils devenaient les pasteurs. C'est ce que fit, à Milan, saint Ambroise : lorsque de préfet de la ville, il eut été nommé évéque, il abandonna à son église ses immenses domaines « praedla quae habebat », pour vivre dans la pauvreté. Bientôt, cet usage devint si général qu'j'^ manquer était considéré comme une faute ; des conciles firent une obligation aux évoques de faire tout au moins des legs et des donations à leurs églises.

Ces traditions se perpétuèrent à travers le Moyen Age. Ce fut souvent avec leurs biens et leurs revenus personnels que les évêques construisirent leurs cathédrales ou dotèrent leurs diocèses d'œuvres d'assistance et d'enseignement. Les prélats du xvii^ et du xviii® siècle montrèrent la même générosité, consacrant souvent une grande partie de leur fortune privée à des œuvres de piété ou de charité. Phélipypeaux de la Vrillière, archevêque de Bourges, mit 600.000 livres de son patrimoine dans la construction de l'Archevêché et du Grand Séminaire ; Rohan-Guémené, archevêque de Bordeaux, dépensa toute sa fortune à l'érection du palais archiépiscopal. Le cardinal de Gesvres, archevêque de Bourges, mourut en 1774, léguant tous ses biens au Grand Séminaire auquel il avait déjà donné 100.000 livres pour l'entretien des étudiants pauvres ^ « Fénelon, qui ne fut jamais insensible au bonheur et à la gloire de sa maison,., déclara à sa famille qu'il savait obérée, qu'elle n'avait rien à voir dans son testament. Ainsi parle Belzunce; ainsi parlent les évêques du xviii^ siècle^. » Et voilà ce qu'il ne faut pas oublier quand on parle des gros revenus dont disposaient les prélats de l'Ancien Régime; on

I . Paulin. Vie de saint Ambroise. Cf. aussi Saint Basile. Ep. 53 (à saint Ambroise),

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