I. Ha!»otaux. Histoire du cardinal de Richelieu, II, p. /ng
l'Edit, parce que le Béarn n'était pas encore réuni à la France, ^ on oublie que l'article 3 ordonnait le respect de la liberté de conscience des catholiques et la restitution de leurs églises et de leurs biens non seulement en France {en tous endroits de cestuy notre royaume) mais encore dans toutes les autres possessions de Henri IV {et pays de notre obéissance).
Les protestants firent une telle opposition à cette mesure de liberté que Henri IV n'osa pas l'exécuter, malgré les réclamations des évéques. Les diocèses du Béarn (Lescar et Oloron) eurent sans doute leurs évoques et même une dotation personnelle payée par le roi ; les catholiques purent y célébrer la messe; mais ni leurs biens, ni leurs églises ne leur furent rendus. En 1611, les protestants du Béarn firent leur union, à l'assemblée de Saumur, avec les protestants français pour empêcher, dans leur pays, l'exécution de l'édit de Nantes; mais, en même temps, ils refusèrent leur union avec la France pour avoir un prétexte de ne pas connaître l'Edit. Comme le fait remarquer M. Hanotaux, ils se disaient français pour attaquer en France les catholiques, et étrangers pour leur refuser le droit commun dans leur propre pays.
De leur côté, les catholiques réclamaient l'application de l'édit de Nantes au Béarn. En 1617, « l'évêque de Mâcon fit au roi, à l'ouverture de l'assemblée générale du clergé de France, qui se tenait aux Augustins, une remontrance sur les misères de l'église du Béarn et lui représenta « que la justice et la piété ne pouvant pas exister l'une sans l'autre, puisque Sa Majesté avait commencé son règne par une action de justice qui lui faisait mériter le nom de Juste, elle devait maintenant avoir pitié de cette pauvre province en laquelle il y avait encore plus de cent villes, bourgades et paroisses, dont la plupart du peuple était catholique et n'avaient néanmoins