Ibid., l, p
prêtres partageraient également entre eux, sauf les cas où les donateurs en auraient autrement disposé ^. »
Ces principes furent enseignés et observés par l'Eglise à travers tous les siècles du Moyen Age. Nous les retrouvons sur les lèvres de saint Thomas d'Aquin faisant écho à Agobard, à saint Grégoire le Grand et aux Pères de l'Église. « Les biens des églises, disait-il, doivent servir à l'entretien des pauvres ; c'est pourquoi, si dans le cas où il n'y a pas de nécessité de leur venir en aide, l'évêque met de côté ce qui reste chaque année des revenus de l'Eglise, en achète des terres, les conserve pour être employées plus tard dans l'intérêt de l'Eglise et des pauvres, sa conduite est digne d'éloges. Mais s'il y a nécessité imminente de donner aux indigents, ce serait un soin superflu et déréglé que de conserver quelque chose pour l'avenir^. »
Aussi l'histoire des évêque du Moyen Age, de leurs chapitres et de leur clergé est-elle remplie d'actes de charité dont l'étendue nous étonne. Guillaume, évêque de Nevers, nourrit, chaque jour, 10 000 personnes, pendant une famine. L'évêque de Milan, Héribert, distribuait, en une seule matinée, 8.000 pains et huit muids de grains^. Au cours d'une famine qui désola Lyon, en 1123, l'archevêque et le chapitre décidèrent de prélever sur les revenus de tous les chanoines une certaine quantité de seigle destinée aux aumônes^. Saint Gérard, évêque de Toul, à la fin du x" siècle, nourrissait un grand nombre de voyageurs et faisait de grandes distributions de vivres pendant les disettes^. Son contemporain Aderald, évêque de Troyes, possédait la liste de tous les indigents de la ville, les
1. GuÉRARD. Car tulaire de l'église de Notre-Dame de Paris, I. p. XL.
2. Saimt Thomas d'Aquin. Somme théolog.y a-a, quaestio, i85, art. 7.
3. Lallemand. Histoire de la Charité, II, p. 807. U. GuiGUE. Notre-Dame de Lyon, p. 310.