BoLLANDisTEs, Actu Sanclorum, avril III, p
visitait et les secourait lai-mêine^ Saint Elphège, archevêque de Cantorbéry, aliénait le patrimoine de son église pour subvenir à ses œuvres de charité, alléguant que « l'Eglise possède ses richesses et ses ornements sacrés afin d'en tirer de l'honneur dans les temps de prospérité et d'abondance, du profit et des secours dans les temps de nécessité et de misère ^ ». Saint Pierre Damien, évéque d'Ostie. ordonnait des distributions d'aliments et de vêtements et lui-même faisait des tournées dans les campagnes pour y visiter les malheureux et les secourir'. Au xii^ siècle, saint Pierre, archevêque de Tarentaise, faisait distribuer du pain les semaines qui précédaient les moissons, estimant que c'était la période de l'année où les paysans avaient le moins de ressources*. Saint Julien, évêquc de Cuença au commencement du xiii^ siècle, dépensait en aumônes tous ses revenus et vivait luimême du produit de son travail manuel^. Saint Laurent Giustiniani, patriarche de Venise, s'occupait surtout des pauvres honteux : « Sous sa direction, des femmes veuves, d'une vertu éprouvée, les recherchaient pour les signaler à sa charité. Pendant mille ans, le chapitre d'Autun entretint V Aumône de saint Léger. Cette œuvre consistait, à l'origine, dans l'entretien de quarante pauvres; mais bientôt, tous les pauvres de la ville et des alentours s'adressèrent à elle et le chapitre dut, plusieurs fois, recourir lui-même à la charité de l'évêque pour la maintenir*. Pour la seule année 1437, V Aumône distribua ^'ni'i setiers de blé, représentant 15.930 pains'.
I. Acla Sandorum, octobre VIII, p. 991. 3. Ibid., avril II, p. G3i.