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I. Il ne devait l'être qu'en

aucuns prêtres pour leur administrer les sacrements, tous les biens ecclésiastiques étant tenus par les huguenots et employés à la nourriture des ministres et à l'entretènement de leurs collèges. » C'est ainsi que Richelieu * résume, en l'approuvant, la harangue de son collègue l'évêque de Mâcon. Malgré une protestation violente faite contre la mesure projetée par l'Assemblée des protestants réunis à La Rochelle, Louis XIII prononça, par arrêt du 25 juin 1617, la restitution à l'Eglise catholique des édifices du culte et des biens qui lui avaient été confisqués enBéarn. Ainsi était réparée l'injustice de Jeanne d'Albret.

Louis XIII avait pris des mesures pour compenser les pertes que cette décision allait faire subir aux protestants. 11 avait déclaré que lui-même indemniserait, sur ses propres domaines, les détenteurs des biens qui allaient être ainsi rendus aux catholiques. Les dotations des pasteurs et des collèges protestants ne devaient donc pas soufTrir de l'acte de réparation ordonné envers les catholiques ; et de la sorte, l'arrêt de 1617 était favorable à ces derniers, sans nuire matériellement aux autres *.

Mais par-dessus la question matérielle, il y avait la question de la liberté que les protestants ne voulaient aucunement reconnaître aux catholiques. Aussilaissèrent-ils éclater leur fureur contre Louis XIII. «Si je ne puis fléchir les dieux, disait l'un d'eux, Lescun, je soulèverai les enfers ! » Le protestant La Force, qui gouvernait le Béarn au nom du roi, excita contre son maître les passions de ses administrés ; à son instigation, les Etats du Béarn chassèrent le commissaire royal chargé d'exécuter l'arrêt. Enfin, l'assemblée générale des protestants qui se tint, en 1619, à

I. Mémoires (éd. de la Société de l'Histoire de France), II, p. ai/i.

3. PuTOL, Louis XIII et le Béarn, p. Z-jô. — Richelieu Af^moirM, II, p. ai 5, dit : Louis XIII a assignait sur le plus clair revenu de son domaine, le paiement de l'entretènement des ministres, régents, écoliers, disciplines et autres choses qu'ils prenaient sur les biens ecclésiastiques ».

La Rochelle exigea le retrait de l'arrêt ; et comme le gouvernement le maintint, les protestants se révoltèrent, déchaînant, une seconde fois depuis l'édit de Nantes, la guerre civile.

Ainsi débuta la guerre que conduisirent Rohan du côté des huguenots, Luynes et Louis XIII du côté de la France, et dont le fait le plus saillant fut le siège de Montauban, en 1620-1621. Elle se termina par le traité de Montpellier qui confirmait l'édit de Nantes mais enlevait aux Réformés leurs ISOplaces de sûreté, sauf La Rochelle etMontauban^.

Certains protestants blâmèrent le fanatisme dont faisaient preuve leurs coreligionnaires. L'un d'eux traite d' « enragés », de « loups-garous », d' « accrédités factieux, fusils, allumettes de guerre, instruments très pernicieux de factions, auteurs de grands malheurs tombés sur les pauvres églises, principaux organes de leur ruine et désolation », les instigateurs protestants de cette nouvelle guerre de religion 2; et M. Hanotaux se fait l'écho de ces regrets lorsqu'il apprécie ainsi cette nouvelle guerre déchaînée par le sectarisme de l'assemblée calviniste de La Rochelle : « L'assemblée fondait, comme les catholiques le leur ont tant reproché, « la République des Prétendus Réformés » ou plus exactement, selon la parole de Richelieu, un Etat dans VEtat. Ce fut comme un cri de rage par toute la France quand on apprit que l'unité du royaume était une fois encore compromise. Jusque dans le parti protestant, il y eut une heure de terrible angoisse. La portée d'un tel acte n'échappait à personne ; c'était la guerre civile au moment où la France avait besoin de toutes ses forces pour agir au dehors,... la guerre la plus affreuse de toutes, la plus inattendue, la plus absurde. »

I . Voir l'histoire de cette révolte dans Dareste. Histoire de France tome V, pp. 69-80 et les autres histoires générales de France.

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