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Lallbmand, op. cit., III, p

7. A. DE CiiARM.vssE. L'InstHuUon charitable de l'Aumône de saint Léger à Autun (G77-1G68).

La propriété monastique se constitua, au cours du haut Moyen Age, à côté de celle du clergé séculier. A l'époque de Charleraagne, des abbayes telles que le Mont-Cassin en Italie, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Denis, Saint- Bertin, Jumièges, Corbie en France, Saint-Gall en Helvétie possédaient de vastes domaines sur lesquels vivaient un nombre considérable de serfs et surtout de colons. Or saint Benoit, dont la règle finit par être admise par presque tous les monastères d'Occident jusqu'au xii^ siècle, et demeura jusqu'à la Révolution la plus répandue, faisait de l'aumône, de l'assistance aux malades, de la pratique de l'hospitalité des devoirs stricts pour ses moines. Le chapitre 31 de la règle bénédictine ordonnait au cellerier de veiller sur les malades, les enfants et les hôtes, et le chapitre 53 « d'accueillir, avec un soin et une sollicitude particuliers, les pauvres et les voyageurs étrangers parce que c'est principalement en leur personne que l'on reçoit le Christ ». Aussi, comme le clergé séculier, l'Ordre monastique n'oublia pas que ses biens étaient ceux de Dieu dont il devait rehausser le culte et des pauvres dont il devait soulager les misères. Les moines le devaient d'autant plus qu'astreints par leur règle à la pauvreté, ils ne se considéraient que comme les dispensateurs et les administrateurs des biens qu'ils possédaient. Aussi, dès les origines les plus lointaines de la vie monastique, trouvons-nous, dans chaque monastère, un religieux, l'aumônier, chargé tout spécialement du soin et du soulagement des pauvres.

Dans la célèbre abbaye de Cluny, l'aumônier recevait les étrangers voyageant à pied qui s'arrêtaient au monastère ; chaque jour, il présidait à des distributions de pains aux pauvres, aux orphelins, aux infirmes, aux veuves, aux vieillards. Une fois par semaine, il parcourait luimême les terres du couvent pour rechercher et secourir les malades. Si c'étaient des hommes, il allait dans leurs chambres pour les soigner et leur remettre

des secours; si c'étaient des femmes, il s'arrêtait au seuil de leur maison et leur envoyait son dômes, tique avec du pain, du vin et autres choses, « les meilleures qu'il pouvait avoir ^ ». « A la mort de chaque frère, on distribuait, pendant trente jours, sa portion au premier pauvre qui se présentait. On lui donnait enfin delà viande comme aux hôtes et à ceux-ci un denier au moment du départ. 11 y avait, tous les jours, dix-huit prébendes ou portions destinées aux pauvres. Chaque année, à Pâques, on donnait à tous les pauvres du lieu neuf coudées d'étoffe de laine et à Noël, une paire de souliers. Dans ce même passage, l'auteur des Anciennes coutumes de Cluny, Udalric, raconte que l'année où il les écrivit, Cluny avait distribué 250 jambons et fait l'aumône à 17.000 pauvres Ces secours étaient aussi distribués dans les 314 monastères ou églises qut dépendaient, au xi® siècle, de Cluny. Les statuts de l'abbaye du Mont-Saint- Michel portaient que l'on distribuerait en aumônes, sans en rien retenir, la partie des biens du couvent destinée à la charité 2. Les Templiers faisaient, de leur côté, d'abondantes aumônes et leur dernier grand maître, Jacques de Molay, put affirmer hautement, au cours de son procès, que son Ordre nourrissait des milliers de pauvres^. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem réservaient, dans chacun de leurs couvents, un pain sur dix pour les pauvres et l'article 8 de leur règle portait : « Et trois jours la semaine, ils donnaient l'aumône à tous ceux qui la venaient requerre (demander), pain et vin et cuisinât*. » Les chanoinesses de Remireinont fournissaient aux indigents

I. Antiquae ronsueludines Cluniaccnsis monasterii, 111, a^, dans d'AcHERT, Spidlège, I, p. 698,

a. « Ut omnia bona, ad eleemosynam depulala, in usiis pauperum ad portain, sine diminulione aliqua, converluntur. » MAUTK^fE. Tliesaurns novus anecdotorum, 1, p. 91 a.

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