I. Lallemard. Histoire des enfants abandonnés^ p. liii
A (JUOI SEUVAIEM LES BIENS DU CLEUGÉ 271
invocation : Pietà ! Pielà ! Bientôt, des aumônes abondantes sont obtenues et l'hospice de la Pietà est fondé. Lorsque Pierre mourut, en 1353, l'avenir de son œuvre était détinitivement assuré ^ A Florence, l'orphelinat San-Gallo existait avant 1192 2.
Certaines maladies et épidémies qui exercèrent de funestes ravages au Moyen Age, déterminèrent la création de plusieurs Ordres charitables. L'une des plus terribles était le mal des Ardents, appelé aussi feu sacré et feu de Saint Antoine. « Il débutait par une tache noire ; puis, ce mal que la médecine empirique du temps était impuissante à guérir, couvrait tout le corps des malades de pustules noires recelant un feu dévorant. La peau se desséchait, les chairs pourrissaient et tombaient en lambeaux et les malheureux pestiférés mouraient en quelques heures, sans secours, sans consolation ; car nue n'osait approcher d'eux ^. » Après avoir étudié toutes les manifestations de ce mal, telles que nous les rapportent les chroniques médiévales, M. Laverau conclut à l'identité de cette maladie avec l'ergotisme gangreneux *.
Abandonnés de tous, ceux qui étaient brûlés de ce feu furent recueillis par l'Eglise. Vers l'an 1.000, tandis que ce fléau sévissait, l'évêque de Metz, Adalbéron, alors en résidence à l'abbaye d'Epinal, prit un soin particulier des malades ; non seulement il les nourrissait et les consolait, mais encore lui-même nettoyait leurs ulcères ; parfois, dans une même journée, il soignait ainsi cent personnes ^. Pour venir en aide aux malheureux ainsi atteints, deux personnages, Gaston, seigneur de la Valloire, et Gérin son fils, fondèrent, en 1095, l'ordre des Hospitaliers de Saint-An-