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Ibid., p. i

3, Les détracteurs des croisades ont prétendu que ce fléau fut importé par les croisés, d'Orient où il a toujours sévi, en Occident. Ceux qui propagent cette accusation oublient que, dès l'époque mérovingienne, de nombreux lépreux sont signalés en Gaule, que des articles concernant la lèpre, l'isolement des lépreux, leur divorce, figurent, dès le vue siècle, dans les lois de Rotharis, roi des Lombards, et dès le viii® et le ixe siècles, dans les capitulairesde Pépin et de Charlemagne. Voir à ce sujet l'excellente dissertation de M. KuRTH. La lèpre en Occident avant les Croisades.

routes de deux lieues en deux lieues ; dans le Maine, il n'y a guère de centre tant soit peu important où Tonne rencontre un de ces asiles. Léchaudé d'Anisy relève l'indication de 219 raaladreries (léproseries) pour la seule province de Normandie ; au milieu du xvi^ siècle, le diocèse de Paris en compte au moins 59..., le territoire correspondant au département actuel du Pas-de-Calais en pos, sède une centaine. Le Monnsiicum anglicanum et la .Vofitia monasfica fournissent une liste d'environ 115 hôpitaux de lépreux pour l'Angleterre et l'Ecosse.

» En Italie, au xiv^ siècle, toute cité a une fondation affectée aux lépreux. Il en est de même en Espagne. Si, conclut M. Kurth, c'est à tort que l'on attribue à Mathieu Paris l'indication du chiffre de 19.000 léproseries pour toute l'Europe, ce chiffre en lui-même ne semble pas exagéré ^ m

Dans la plupart des pays d'Europe, ces maladreries ou léproseries étaient sous la juridiction directe des évêques ^. Gardiens delà santé publique, il leur appartenait d'ordonner à ceux qui étaient atteints de ce terrible mal de se retirer dans ces hospices pour y passer le reste de leur vie. Il en résultait pour eux l'obligation de multiplier ces asiles pour qu'ils pussent recevoir les lépreux si nombreux du X® au xiV sièce. Aussi, la plupart des léproseries, même quand elles avaient été fondées soit par un seigneur, soit par plusieurs paroisses associées pour cette œuvre, soit par un monastère, devaient leur première origine aux évêques qui en avaient inspiré la création. Une fois fondées, elles étaient administrées et inspectées soit par les évêques eux-mêmes, soit par leurs délégués, avec entente le plus souvent avec les fondateurs ou les bienfaiteurs insignes de chacune d'elles. Doter les léproseries de biens-fonds et de revenus, pour assurer l'existence des

I . L.VLLEMATTD. Hlstoirt de la Charité, III, p. a^i. 3. Cf. Le Grand. Les .Maisons-Dieu et léproseries du. diocèse de Paris nu milieu du XIV^ siècle. Introduction.

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malheureux qui y vivaient et l'adoucir le plus possible, fut l'une des œuvres de charité les plus recommandées au Moyen-Age. Aussi, au xiv^ siècle, les léproseries eurentelles assez de richesses pour tenter la convoitise des rois. Philippe le Long essaya de s'en emparer ; mais l'Eglise protesta et, invoquant le caractère ecclésiastique de ces biens et l'usage charitable qui en était fait, elle en empê. cha la confiscation^.

Enfin, pour soigner les lépreux, se créèrent un grand nombre de confréries placées sous la surveillance des évêques. Elles se composaient de frères et de sœurs, sous l'autorité d'un maître qui lui-même était sous la juridiction et l'inspection de l'évêque ; les frères s'enfermaient avec les lépreux, les sœurs avec les lépreuses, partageant leur vie quotidienne et parfois leur infirmité. « Plusieurs récits hagiographiques montrent quel dévouement, quelle charité pouvaient se rencontrer chez ces Irères et ces sœurs qui, sans embrasser ja vie religieuse dans toute sa rigueur, venaient s'enfermer avec les lépreux pour leur prodiguer des soins, comme la bienheureuse Ivette à la léproserie d'Huy, comme la bienheureuse Marie d'Ognies et son mari à celle de Nivelle 2. » De tous ces Ordres le plus important fut celui des chevaliers de Saint- Lazare. Il s'était fondé, avant les Croisades, à Jérusalem, pour soigner les lépreux qui accouraient en foule en Palestine parce que l'eau du Jourdain passait pour guérir leur mal. Sise dans la Ville sainte, leur maison-mère créa des succursales en Palestine. Après la première croisade, l'Ordre de Saint- Lazare prit un caractère militaire comme ceux du Temple et de Saint-Jean ; mais il continua à avoir ses hospices pour les lépreux et à les soigner ; les chevaliers euxmêmes étaient lépreux.

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