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Pendant son séjour en Palestine, au cours de la seconde croisade, le roi de France Louis VII fut témoin du bien que faisaient les chevaliers de Saint-Lazare ; il en emmena 12 avec lui en France, leur confia la gestion d'une maladrerie de Paris, et leur donna sa terre de Bogny près d'Orléans. Etablis dès lors en Europe, les chevaliers de Saint-Lazare 3' tinrent un grand nombre de léproseries, au xiii^ et au xiV siècle ^

En même temps qu'elles soignaient et soulagaient les maladies contagieuses, la charité chrétienne et les richesses ecclésiastiques multipliaient les œuvres en faveur de la souffrance. On peut dire que chacune des multiples infirmités temporaires ou chroniques qui affectent la nature humaine, a trouvé, au Moyen-Age, une assistance généreuse chez l'Eglise, et déterminé la création de congrégations hospitalières pour la soigner. Les aveugles, par exemple, ont eu leurs hospices particuliers, dès le XII® siècle. Avant l'établissement des Quinze-Vingts par saint Louis, il existait « plusieurs congrégations d'aveugles » à Paris, à Chartres et ailleurs, analogues à la congrégation, existant à l'heure présente, des Sœurs aveugles de Saint-Paul de Chartres. Saint Louis leur donna une nouvelle extension lorsque, entre 1255 et 1260, il fonda, pour 300 aveugles, la maison des Quinze- Vingts de Paris. Cet hospice, comme ceux qui furent établis dans la suite sur son modèle, formait une congrégation d'aveugles. « Comme le disent, en 1345, les abbés des principaux monastères de Paris qui recommandent l'établissement à la charité des fidèles, c'est une maison de refuge, domus hospitalitatis, où les aveugles de Paris viennent habiter ensemble sous le nom de frères et de sœurs et mettre leurs biens en commun, en se donnant

I. Sur cet Ordre voir Vigmal. Les lépreux et les chevaliers de Saint-Lazare de Jérusalem (Orléans i88/j) et CinR\nio, Précis historique des Ordres de Saint-Lazare et de Saint'Maurice, Irad. fr. do Ferrand (Lyon 1860).

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eux-mêmes à la confrérie. Un maître ou proviseur, nommé par le roi, les dirige avec l'assistance d'un ministre et de six jurés choisis par la communauté, en même temps que tous les membres prennent part au gouvernement de la maison au moyen des assemblées du chapitre ^. » Généreusement dotée par saint Louis, pourvue de privilèges et d'aumônes par les papes, recueillant très souvent des dons et des legs, la maison des Quinze-Vingts assura l'existence des aveugles de Paris pendant le Moyen- Age et jusqu'à la Révolution.

Elle est la plus commune des fondations de ce genre : mais elle n'était pas la seule, Déjà en 630, il y avait à Jérusalem un typhlocomium ou asile d'aveugles 2. Dès l'époque mérovingienne, les monastères recueillaient les aveugles^. En 623, saint Bertrand, évêque du Mans, établissait, à Pontlieue, un hôpital pour les pauvres et les aveugles*. Guillaume le Conquérant n'obtint du pape la dispense de parenté pour son mariage avec Mathilde, qu'à la condition de créer des hospices pour pauvres et aveugles à Cherbourg, Rouen, Payeux et Caen^; ces deux derniers existaient encore au xv« siècle. En 1292, un bourgeois de Chartres, ancien conseiller de saint Louis, Renaud Barbou, construisit dans cette ville, à l'exemple des Quinze- Vingts de Paris, une maison « destinée à loger, recueillir et consoler les pauvres aveugles et autres misérables personnes de la ville * ; enrichi par les dons des fidèles et par l'Eglise, cet hospice dura jusqu'au xix® siècle, entretenant Six-Vingts (120) aveugles. Il fut réuni à l'Hôpital Général de Chartres ; mais, fait remarquer M. Le Grand, « la fondation en faveur des aveugles con-

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