‹ Histoire partialeChapitre 14 sur 214 · BOUFFARD DE MaDIANE. Joumul, p. H · texte numérisé non relu

BOUFFARD DE MaDIANE. Joumul, p. H

l'eDIT de NANTES 20

Voilà l'appréciation d'un historien justement estimé qui, ne partageant pas nos sentiments catholiques, ne peut être soupçonné de partialité catholique à l'égard des protestants. Son jugement lui a été dicté par les faits et les documents. Nous pouvons le mettre en opposition avec les affirmations tendancieuses des manuels scolaires. Ceux-là se gardent bien de dire que c'étaient les huguenots qui rouvraient la triste série des guerres de religion que Henri IV avait eu la généreuse pensée de clore par les concessions excessives de l'édit de Nantes. Ils mentent surtout quand ils indiquent la raison de cette nouvelle levée de boucliers. MM. Gauthier et Deschamps nous disent que les protestants résistèrent à une provocation et ils appellent provocation le rétablissement des catholiques du Béarn dans leurs possessions et leurs droits. M. Devinât donne à entendre qu'ils fii'ent la guerre pour avoir la paix, « pour être tranquilles ». En réalité, nous l'avons vu. ces nouvelles guerres de religion eurent une cause unique : l'intolérance des protestants, bien que le gouvernement de Henri IV et de Louis XllI eût pris à leur égard les plus grands ménagements.

Les droits qui étaient rendus aux catholiques en Béarn ne gênaient en ri«n la liberté des protestants. Après comme avant 162U, ils eurent toute facilité pour pratiquer leur culte, prêcher leur foi, ouvrir des écoles, entretenir leurs établissements. Les biens qui leur étaient repris ne leur appartenaient pas puisqu'ils les avaient pris, soixante ans auparavant, aux catholiques, et cependant, le roi les dédommageait de ce qu'ils perdaient par cette restitution. Et le gouvernementattendit vingt-deux ans (1598-1620) pour opérer cette réforme et y préparer l'opinion protestante! Pour s'y opposer, les protestants n'avaient aucune raison à alléguer, sinon leur désir bien arrêté d'écraser le catholicisme et de lui refuser, là où ils étaient jusqu'alors les maîtres, la liberté qu'ils avaient réclamée et obtenue pour eux-mêmes dans le reste de la France. Une intolérance

irréductible, une haine inextinguible du catholicisme et le désir de Tanéantir, voilà ce qui détermina, en 1620, les protestants à compromettre une fois de plus Vunité du royaume (Hanotaux), en déchaînant la guerre civile.

Voilà ce qu'auraient dû dire les manuels scolaires s'ils avaient voulu apprendre aux enfants des écoles l'histoire vraie ; ils l'ont tu ou ont dit le contraire parce que, s'ils avaient exposé loyalement les faits, ils se seraient donné un formel démenti à eux-mêmes. Ils veulent faire croire que protestantisme est synonyme de liberté de pensée et catholicisme d'intolérance, et ils auraient dû montrer qu'en 1620, l'intolérance était du côté protestant, et la tolérance du côté catholique. Cela aurait trop coûté à leur partialité !

BIBLIOGRAPHIE

Hanotaux. Histoire du Cardinal de Bicheliea, tome I. Mémoires de Richelieu^ {Collection de la Société de l'histoire de France.)

Nous rappelons que sous cette rubrique nous ne prétendons nullement donner une bibliographie, plus ou moins détaillée, du sujet, mais simplement indiquer quelques lectures à faire pour compléter le chapitre.

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