Ibid., p. III
d. Voir ces textes dans Le Grand, op.ciL, XXXIX.
(les chemins, près des ponts, à l'entrée des passages difficiles des montagnes. Dès le milieu du x** siècle, saint Bernard de Menthon fonda, pour venir au secours des voyageurs, les hospices du Grand et du Petit Saint Bernard « in monte totius Europs altissimo, frigidissimo, asperrimo^ » et son exemple était suivi, au xii® siècle, par saint Pierre de Tarentaise qui construisait des xenodocliia sur d'autres points difficiles des Alpes et du Jura 2. Au col de Roncevaux, se dressait, pour les voyageurs qui passaient les Pyrénées, un hospice qui eut, au Moyen-Age des succursales à Barsur-Aube, Bar-sur-Seine. Villefranche-en-Beaujolais^. Les chemins qui conduisaient aux grands pèlerinages, de Jérusalem, de Rome, de Saint-Jacques-de-Compostelle, de Saint-Martin-de-Tours, de Rocamadour, de Saint- Julien-de- Brioude etc., étaient jalonnés d'hospices et comme tout chemin conduisait à l'un des nombreux sanctuaires fréquentés par la chrétienté tout entière, on peut dire que toute route avait ses asiles, ses refuges et ses Maisons- Dieu.
Parmi les Ordres religieux qui se consacrèrent ainsi au soin des voyageurs, plusieurs méritent une mention 1 articulière. Ce furent d'abord les chevaliers de Saint-Jacques approuvés, en 1 175, par Alexandre III et, en 1198, par Innocent III. Ils jalonnèrent de leurs commanderies et de leurs hospices les grandes voies romaines qui conduisaient les pèlerins de France en Espagne, au sanctuaire de Saint- Jacques-de-Compostelle. Ainsi furent fondés, en Gascogne et aux abords des Pyrénées, les hospices de Maubourguet, Montesquieu, l'Isle de Noë, Serregrand, la Gors, Auch, Aubiet, Saint-Jean-le-Vieux, Le Luc, Armeau, Orthez, l'Hôpital-d'Orion, Orion, Sauveterre, Saint-Jean-Pied-de-Port, Langoiran, Portets, Mont-de-Marsan, Muret, Vieux-Boucau,