I. Arch. Nat., S ^835, cilc par Le Grvmj
3. A l'exception toutefois de quelques-unes pour lesquelles furent établi?, en raison de la contagion possible ou «le soins p;irliculit'rs. des hApilaux spéciaux.
3. LeGrvnd, Les Maisons-Dieu, leurs statuts au Mlh siècle ;i\au% la Revue des qiieslioiw historiques, tome On^ p. m.
:>. COTECQUE, Op. rit., p, C^?>.
et la plus tendre afifection. Ils n'étaient pas considérés, comme ils le sont aujourd'hui parla philanthropie « laïque », comme une tare sociale que le corps social traîne après lui et que, dans son propre intérêt, il doit soigner, ni un sujet d'hôpital destiné, avant comme après sa mort, à de belles expériences'scientifiques éclairant « de beaux cas ». On n'avait pas encore inventé, dans ces asiles de la souffrance les bals d'infirmiers et d'infirmières et les plaisanteries macabres des « carabins ». Non ! l'idée surnaturelle de la souffrance faisait de l'asile qui la recevait la maison, « l'Hôtel » de Dieu lui-même, «le palais des pauvres ». Ces deux noms étaient synonymes parce que les pauvres et les malades étaient « les membres souffrants du Christ » participant en quelque sorte, par leurs souffrances, à sa divinité. Aussi, les règles hospitalières du Moyen-Age appellent-elles presque toujours les malades, nos seigneurs les malades.
Loin de nous de prétendre qu'aucun abus ne se soit glissé dans le traitement des malades sous l'Ancien Régime ! l'enquête qui fut faite, en 1789, en révéla beaucoup dans l'Hôtel-Dieu de Paris qui semble avoir été, alors, mal tenu. Mais ce qu'on ne saurait nier, c'est que la haute idée que se faisaient hospitaliers et hospitalières de la dignité que conférait la souffrance à « leurs seigneurs, les pauvres », le sentiment chrétien qu'ils avaient de leur mission, ne les ait enclins à remplir, avec un esprit surnaturel, les devoirs de leur vocation charitable.
On a pris prétexte des défectuosités qui existaient, en 1789, à l'Hôtel-Dieu de Paris, pour généraliser d'une manière injuste, et pour jeter le discrédit non seulement sur les autres hôpitaux fonctionnant en 1789, — dont la plupart étaient bien tenus et bien administrés — mais encore sur toute l'hospitalisation des pauvres et des malades penle Moyen-Age et l'Ancien Régime. Les nombreux documents qui ont été publiés depuis une vingtaine d'années
sur les anciens établissements charitables, donnent une toute autre impression.
Dans les villes, les salles des malades étaient en général hautes et vastes, affectant la forme de nefs dont les voûtes en lambris ou en pierre reposaient sur des colonnades de piliers. L'hôpital Saint-Jean d'Angers, fondé en 1153, avait « une grande salle à voûtes d'ogives divisée en trois nefs de huit travées : il en était de même à Pontlieue près du Mans^ Ou peut voir encore, à Tonnerre, la grande salle de l'hôpital qui y fut fondé, en 1293, par Marguerite de Bourgogne. Elle contenait 40 cellules de boiseries, sortes d'alcôves dans chacune desquelles était placé un lit ; deux galeries latérales à mi-hauteur et le long des murs permettaient d'ouvrir les grandes fenêtres et de surveiller l'intérieur des cellules. Cet immense vaisseau a 18 m. 60 de largeur, sur 88 de long et environ 15 m. de hauteur. « Chaque malade, en étant soumis à une surveillance d'autant plus facile qu'elle s'exerçait de la galerie, se trouvait posséder une véritable chambre. Il profitait du cube d'air énorme que contient la salle et recevait du jour par les fenêtres latérales ; sa tête étant placée du côté du mur et abritée par la saillie du balcon, il ne pouvait être fatigué par l'éclat de la lumière ; les conditions de salubrité étaient bonnes 2. « A Compiègne', saint Louis lui-même a fondé l'Hôtel-Dicu, grande salle d'environ 60 m. sur 17. A Hesdin, l'hôpital fondé en 1321 avait une grande salle de 160 pieds sur 34 avec des murs de 16 pieds de haut et de 3 pieds d'épaisseur; celui de Douai avait une salle en briques divisée en deux nefs; celui de Beaune, bâti de 1444 à 1459, reproduisait les dispo-