‹ Histoire partialeChapitre 135 sur 214 · I. Em.art. Manuel d'archéologie française. II, p · texte numérisé non relu

I. Em.art. Manuel d'archéologie française. II, p

3. VioLLET-LE-Duc. Dictionnaire d'architcciurCf art. Hôtel-Dieu,

p. 113. A la page ii3, on verra une reconstitution fort intéressante

lie cette grande salle, avec ses compartiment en boiseries ayant

chacun son lit,

3. Nous empruntons ces renseignements à Ewlart, ibid., p, 48.

sitions de celui de Tonnerre. A Caen, nous dit un auteur du xvi*' siècle, « la grande salle de l'Hôtel-Dieu est d'une fort ancienne structure, contenant six-vingts (120) marches de long et de largeur 31 1.

Toutes proportions gardées, les petits hôpitaux, les Maisons-Dieu et les maladreries des campagnes reproduiduisaient les dispositions des grands Hôtels-Dieu que nous venons de décrire. Après l'avoir montré, en étudiant la maladrerie du Tortoir, non loin de la route qui mène de Laon à La Fère, Viollet-le-Duc conclut ainsi : « Le Moyen-Age montrait dans la création des établissements de bienfaisance l'esprit ingénieux qu'on lui accorde dans la construction des monuments religieux... Dans le peu d'hôpitaux du Moyen- Age qui nous sont restés, nous trouvons un esprit de charité bien entendu et délicat. Ces bâtiments sont d'un aspect monumental sans être riches. Les malades ont de l'espace, de l'air et de la lumière ; ils sont souvent séparés les uns des autres... leur individualité est respectée et certes, s'il est une chose qui répugne aux malheureux qui trouvent un refuge dans ces établissements, malgré les soins si éclairés qu'on leur donne abondamment aujourd'hui, c'est la communauté dans de vastes salles 2. »

On a dit et les livres « laïques » répètent que le Moyen- Age n'ayant pas connu les soins de propreté, les malades étaient laissés dans une saleté contraire aux lois élémentaires de la médecine et de l'hygiène. Voici comment répondent les textes contemporains à ces accusations calomnieuses. « A l'Hôtel-Dieu de Paris, écrit M. Coyecque, en s'appuyant sur le témoignage des livres de comptes, régnait la propreté la plus irréprochable^ : Songez qu'on achetait et que l'on usait jusqu'à 1.300 balais par an ; en outre, aux approches de Pâques, chaque

I , Le GRA.ND, op cit. Cf. Revue des questions historiques, t. 63, p. 138, a. ViOLLET-LE-DuC. Ibid., p. Iig, 3. COYECQUE, op. cit., p. 71.

année, on faisait ratisser et reblanchir à la chaux toutes les murailles. » Tous les matins, t le pavé de chaque salle était lavé à grande eau, grâce à la distribution d'eau qui était installée dans toutes les pièces et à tous les étages de la maison ^ » C'était pour avoir l'eau à profusion que, lorsque c'était possible, les Hôtels-Dieu s'établissaient le long des rivières ou qu'ils les dérivaient jusqu'à eux.

L'Hôtel-Dieu de Paris était en bordure le long de la Seine ; celui de Tonnerre était longé par un bras de l'Arniançon et le ruisseau de Fontenille ; « deux canaux souterrains, passant des deux côtés de la grande salle, entraînaient dans la rivière les vidanges de l'établissement- ». A Fossanova (Italiej, un canal d'eau courante coulait sous les bâtiments de l'hôpital de l'abbaye cistercienne*. La grande salle de l'Hôtel-Dieu de Nogent-le-Rotrou était, vers le milieu du xv« siècle, au-dessus d'un bras de l'Eure*.

Des soins minutieux de propreté étaient donnés aux malades. A leur arrivée, ils étaient lavés des pieds à la tête; ainsi le voulaient les règlements de l'Ordre de Saint- Jean, des hôpitaux d'Hesdin, de Saint-Omer, de Paris, etc. ^ ; à l'Hôtel-Dieu de Paris, tous les matins, « les Sœurs, un bassin dans une main, une serviette dans l'autre, s'approchaient de toutes les couches, lavant les visages et les mains des malheureux" ». Le samedi, on lavait les pieds à tous les malades'. Avant les repas, « on procédait à l'ablution des mains; les Sœurs, une serviette au cou, passaient devant les lits et présentaient l'eau, comme

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