‹ Histoire partialeChapitre 141 sur 214 · tome LXIII · texte numérisé non relu

tome LXIII

CoTECQUE. L'Hôtel-Dieu de Paris.

Uassisfance et fa charité, sous /'Ancien Régime.

CvLVET. Cours moyen et supérieur, p. 29G.

Dit de la Révolution : a Pour les déshérités s'organise le service de l'assistance publique. Désormais, on ne couchera plus cinq ou six malades dans un même lit d'hôpital, comme à l'époque de Louis XV.

RoGiE et Despiqies. Cours supérieur, p. 3i8.

Publie une image satirique de la Révolution, représentant un noble et un prêtre se donnant le bras et écrasant un homme du peuple, avec cette légende : Le temps passé! Les plus utiles étaient foulés aux pieds.

La plupart des manuels font une description exagérée de la misère sous l'Ancien Régime, montrant les paysans mourant de faim ou mangeant l'iierbe ; mais aucun ne mentionne les nombreuses initiatives qui furent prisi-s pour soulager et secourir la misère.

SOMMAIRE. Charité offlcielle dès le XVI« siècle. — Aumônes des évêques. Charité épiscopale pendant les calamités publiques. — Charité du clergé. — Aumônes des abbayes. — Les bureaux des pauvres et les évéques. — Les Compagnies de charité. — Celle de la paroisse Saint-Sulpice. — Logis de charité. — La charité et les curés de campagne. — Emploi charitable des dîmes. — La monarchie et les hôpitaux. — Les hôpitaux généraux. — Les évéques et les hôpitaux. - Hôpitaux paroissiaux. — Les Jésuites et les hôpitaux. — Tenue des hôpitaux sous

l'Ancien Régime. — Souci de l'hygiène et des prescriptions scientifiques. — Congrégations hospitalières. — Décadence des anciennes congrégations. — Création de nouvelles congrégations d'hommes et de femmes. — Les biens d'Église sont les biens des pauvres. — Discussion sur la suppression des biens ecclésiastiques et sa répercussion sur la charité.

Le xvi^ siècle marque une révolution profonde dans l'histoire de la charité et de l'assistance. L'organisation des Etats modernes, la centralisation monarchique tend alors à faire du soin des malades et des malheureux un service public, alimenté par des fonds publics et administré par des représentants de l'Etat. D'autre part, dans la plupart des pays de l'Europe, les gouvernements mettent la main sur les biens d'Eglise : chez les nations protestantes, pour les confisquer en grande partie, chez les nations catholiques pour en placer, dans une certaine mesure, la gestion sous le contrôle de l'Etat. Pour ces deux raisons, l'Eglise n'a plus, comme au Moyen Age, la charge exclusive de soulager la misère et la souffrance ; elle a à compter avec la collaboration de l'Etat et des villes.

En France, deux actes précisent ces nouvelles tendances. Le premier est l'arrêt du Parlement de Paris du 2 mai 1505 ^, retirant aux chanoines de Paris l'administration du temporel de l'Hôtel-Dieu, pour le confier à huit bourgeois désignés par le prévôt et les échevins. L'autre est la fameuse ordonnance de Moulins de 1566 qui portait dans son article 73. « Ordonnons que les pauvres de chacune ville, bourgou village seront nourris, entretenus par ceux de la ville, bourg ou village dont ils sont natifs et habitants, sans qu'ils puissent vaguer et demander l'aumône ailleurs qu'au lieu où ils sont. Et à ces fins, seront les habitants tenus à contribuer à la nourriture des dits pauvres selon

I . BoNn\RDET. Registres des délibérations du bureau de la ville de Paris, I (liîigg-iôaG), pp. io8, iio.

leurs facultés, à la diligence des maires, échevins, conseils et marguilliers des paroisses ^. »

L'arrêt de 1505 ne visait que l'Hôtel-Dieu; mais il eut sa répercussion sur tous les établissements hospitaliers de Paris et des provinces ; les administrations municipales qui déjà s'étaient intéressées aux hôpitaux, s'en occupèrent de plus en plus, soit pour en choisir les administrateurs, soit pour subvenir de leurs deniers à leurs besoins. Il marque donc la mainmise — partielle tout au moins — des communes (plus tard des Parlements) sur les établissements hospitaliers et les taxes de charité mises sur les octrois, les spectacles, ou telles ou telles denrées sont l'origine des budgets nationaux ou locaux de l'assistance publique.

D'autre part, l'ordonnance de Moulins, en assignant à chaque commune l'assistance de ses pauvres, eut pour effet la création, dans les villes et même dans de petites bourgades, de ces bureaux des pauvres alimentés par des taxes spéciales qui furent, sous l'Ancien Régime, à la fois des commissions d'hospitalisation et des bureaux de bienfaisance.

Il ne faudrait pas croire cependant que cet arrêt, celte ordonnance et les nombreux arrêts, édits et ordoimancesqui les précisèrent et les complétèrent, au xvne et xviii® siècle, aient mis fin î\ la vocation charitable de l'Eglise. Comme par le passé, les biens du clergé continuèrent à alimenter généreusement les pauvres, les malades, les infirmes et même les œuvres sociales ; et cela, pour deux raisons : 1° quel que soit le souci des pouvoirs publics pour les pauvres, l'Kglise ne se désintéressera jamais de la misère, parce que la charité étant la vertu chrétienne par excellence, elle a le devoir do la prêcher et de l'exercer.

2° Parce que l'assistance officielle est toujours insuffisante ; ses ressources, si grandes soient-elles, ne peuvent

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