Ibid., 3 nai 170g, III, n
ville, le chapitre et moi, les deux tiers ; les bourgeois nourrissent l'autre tiers. Nous leur donnons, deux fois le jour, à manger^. »
« Nous nourrissons 2 plus de 1.300 malheureux, écrivait de son côté, le 23 juin 1709, l'évêque d'Auxerre, et nous leur donnons tous les jours des potages. Le clergé en a pris sur son compte la quatrième partie (le quart) ; j'en ai sur le mien 150... Je me suis réduit à la grosse viande et au pain bis, pour pouvoir faire des efforts pour les pauvres. Je n'ai plus d'autre ressource que dans une partie de ma vaisselle d'argent: l'autre est déjà hypothéquée. Je l'enverrai au premier jour à Paris pour la vendre, » A Marseille, pendant la peste de 1720, l'évêque Belzunce se ruina en aumônes en même temps qu'il visitait et soignait les malades avec un dévouement héroïque^. L'hiver de 1766 fut particulièrement rude en Albigeois ; pour subvenir à la population déjà éprouvée par des inondations, le cardinal de Bernis, archevêque d'Albi, paya 150.000 livres, donna tout ce qu'il possédait et même s'endetta ; il nourrissait, chaque jour, 200 indigents dans son palais, « sans compter les malades et autres malheureux qu'il soulage dans sa métropole et les autres villes de son diocèse^. » L'année précédente, son collègue de Montauban, M, de Breteuil, avait secouru aussi largement les victimes de l'inondation du Tarn : « Plus de 890 pauvres, dit un contemporain, puisèrent dans sa charité de quoi couvrir leur nudité ! » On pourrait allonger considérablement la liste de ces prélats qui savaient relever la générosilé native du gentilhomme par la charité chrétienne.
Comme ils aimaient à en témoigner eux-mêmes, leurs chapitres et leur clergé rivalisaient de charité avec eux.