‹ Histoire partialeChapitre 151 sur 214 · Lallemanp, op. cit., IV, p · texte numérisé non relu

Lallemanp, op. cit., IV, p

2 . Ordre d'admini'itration pour le soulagemenl des pauvres de la paroisse Saint-Sulpice (Par\s, 1777), p. 26.

3. Lallemand, op. cit., IV, p. H, p. 366-367. /j. Bloch, op. cit., p. 126-137.

A QUOI SERVAIENT LEi^ BIENS DU CLERGÉ 3t5

fondée à Alençon, en 1666, par Fouquet, archevêque de Narbonne et frère du surintendant, sous le nom de « Portion ou Marmite des pauvres ». « Seize dames de quartier et, plus tard, des filles charitables portaient du pain et du bouillon au domicile des malades qui ne pouvaient entrer à l'Hôtel-Dieu, faute de place, soit par la nature de leur maladie... Chaque ration distribuée consistait, pour deux jours, en un pot de bouillon, un pot de tisane, une livre de pain et une livre de viande ; on prêtait aussi aux malades, linge, draps, chemise. » Un curé d'Alençon, Belard, donna à cette œuvre 265 livres de rente ^ Le curé de Notre-Dame en était l'administrateur.

Enl638,révêque de Langres Zamet fonda, dans sa ville épiscopale, une association de dames pieuses, à l'imitation de celles qu'avaient établies saint Vincent de Paul ; « bientôt, des hommes du monde se joignirent à elles et l'association prit le nom de Confrérie de la charité ou de la miséricorde. Les confrères visitèrent d'abord les malades à domicile puis se cotisèrent pour acheter une petite maison dépendante du vieux collège, afin d'y recevoir une trentaine de malades^. » Un document contemporain, conservé aux Archives de Langres, nous prouve que cette confrérie pratiquait l'assistance par le travail. « Mgr Zamet, dit cette pièce, fit savoir au premier échevin sa satisfaction de voir (ju'il agréait l'usage de cette maison, acquise pour y commencer un logis de charité, afin d'établir une manufacture dans Langres et qu'il voulait travailler, de sa part, pour y loger de bons maîtres lesquels enseigneraient gratuitement toutes sortes de métiers aux pauvres mendiants, tant de la ville qu(î du diocèse, re(;us, nourris et rntrrt(>niis charitablement dedans cette maison aux frais de la confrérie et de toutes les autres personnes charitables. » D'après les statuts, arrêtés le 16 mars 1642, l'évêque de

I. Arch. de l'Orne, H. Sigo. cité par Moiirlot. Recueil des documents économiques du district d'Alençon, l, p. 5 a. a. Phunel. Sébastien Znmet, p. arjg.

Langres était « le premier confrère et le principal directeur )) de cette association.

Dans la plupart des paroisses, le curé était l'administrateur d'un patrimoine ecclésiastique dont la plupart des revenus allaient aux pauvres. «Les fondations dont il avait la gestion étaient un des aliments ordinaires de la charité. Il y en avait dans les petites paroisses de campagne comme dans les villes, » Pour le prouver, M. Bloch renvoie à un certain nombre de documents d'archives, puis se lassant devant leur multitude, il conclut : « La démontration d'un fait si connu est d'ailleurs superflue ». Il continue : « Ces fondations très variées visaient des buts multiples ; établissements d'écoles dans la paroisse, dots pour marier les filles pauvres, rentes pour payer la mise en apprentissage des enfants, prix aux élèves du catéchisme, fonds pour soutenir les pauvres malades ou les pauvres honteux, nourriture et entretien d'enfants de chœur, lits dans les hôpitaux, entretien de la marmite des pauvres (soupes populaires), bourses dans les collèges... Ln grand nombre de ces fondations avaient pour auteurs des ecclésiastiques notamment les curés des paroisses^. »

Les dîmes servaient aussi à alimenter, dans toutes les paroisses, la charité sous toutes ses formes. Depuis les temps mérovingiens, la législation canonique et civile en partageait les revenus entre l'assistance des pauvres et l'entretien du clergé et du culte. M. Bloch et beaucoup d'auteurs hostiles à l'Eglise prétendent que, sous l'Ancien Régime, les pauvres retiraient fort peu de la dîme accaparée par les curés et encore plus par les gros décimateurs. M. Bloch fait grand état des réponses faites dans ce sens par une quinzaine de curés du diocèse de Rouen, au cours d'une enquête sur les dîmes ordonnée par l'archevêque, en 17742.

Page 1