‹ Histoire partialeChapitre 153 sur 214 · I. MOURLOT, Op. cit., TI, p · texte numérisé non relu

I. MOURLOT, Op. cit., TI, p

a. Ibid., II, p. ZI84.

3. Guii.LA.UME. iiecaeil des réponses des communautés de Gap aux États du Dauphiné, p. 83,

Ecrivant à l'Assemblée Constituante pour protester contre la suppression des dîmes, Colombes curé de Saint- Denis, doyen d'Alençon, signalait les charités considérables qu'elles permettaient de faire. Il connaissait, disaitil, des curés qui prêtaient 1 .200 livres d'orge pour semailles, « qui ont acheté des chanvres pour occuper les femmes et les tilles », qui depuis des mois ont distribué de la farine et du pain. « Si cet hiver, continuait-il, je vous envoyais douze cents de mes pauvres demander à l'Assemblée Nationale du pain, du grain pour ensemencer leurs terres, de la paille pour nourrir leurs vaches, de l'argent pour aider à payer des labours, des bouillons, du vin pour les malades, du linge, des remèdes, un médecin, un chirurgien, de la paille pour leurs lits, des maîtres et des maîtresses d'école pour leurs enfants, comment vous en expliqueriez-vous ^? » En consentant, au nom de l'Eglise de France, à la suppression des dîmes, dans la séance du 11 août 1789, l'archevêque de Paris rappelait leur destination charitable autant que cultuelle. « Que l'Evangile soit annoncé, que le culte divin soit célébré avec décence et dignité, que les églises soient pourvues de pasteurs vertueux et zélés, que les pauvres du peuple soient secourus, voilà la destination de nos dîmes. » Et rAssemblée Constituante confirma ces paroles en rédigeant ainsi le décret qui supprimait les dîmes ^ : « Les dîmes de toute nature sont abolies, sauf à aviser aux moyens de subvenir, d'une autre manière, à la dépense du culte divin, à l'entretien des ministres des autels, au soulagement des pauvres, aux réparations et constructions des églises et presliytères et à tous les établissements, séminaires, écoles, collèges, hôpitaux, communautés et autres, à l'entretien desquels elles sont actuellement affectées. »

I. Letlro publiée par la liévolution française, janvier 190G, pp. /i8-5a.

3. SiCARD. Le clergé de France [tendanl la [{évolution, I, L'effondrement, p. 189.

L'ancienne Monarchie s'est intéressée de plus en plus aux hôpitaux, à partir du commencement du xvi^ siècle. En 1505, elle enlevait au chapitre de Notre-Dame l'administration de l'Hôtel-Dieu de Paris pour le confier, d'abord à la Municipalité, puis, au xvii^ siècle, au Parlement de Paris. Elle fit de même pour la plupart des Hôtels-Dieu de province qui devinrent ainsi des établissements quasi publics ; bientôt, le grand Aumônier de France fut le grand dignitaire de la Couronne chargé de la surintendance des établissements hospitaliers.

Louis XIV accentua cette main-mise de l'Etat. Il ordonna, dans la plupart des villes de France, la suppression d'un grand nombre de ces Hôtels-Dieu, hospices, Maisons- Dieu qui s'étaient multipliés à l'infini et dont plusieurs étaient tombés dans de graves abus ou ne répondaient plus à l'objet qui les avait fait créer. Il réunit leurs biens et leurs revenus en une masse commune devant alimenter un Hôpital générai. Il opéra de même la réunion de plusieurs Ordres hospitaliers. Ces réformes avaient l'heureux effet d'introduire plus d'ordre et de régularité et de supprimer un certain nombre d'abus dans là vie des établissements charitables.

Si l'Eglise, avec ses Ordres religieux d'hommes et de femmes, n'eut plus le monopole du soin des malades et des infirmes, si elle dut compter avec la coopération et le contrôle de l'Etat, elle n'en joua pas moins un rôle considérable et même prépondérant dans l'administration des liôpitaux. Les évêques continuèrent à s'en occuper. « Ayant été regardés de tout temps comme les protecteurs des pauvres et des malheureux, rien ne leur convient mieux, écrivait un auteur du xviii® siècle, que d'entendre les comptes des hôpitaux et de voir par eux-mêmes l'usage qu'on fait des revenus destinés à des emplois si pieux. Aussi voyons-nous qu'en France, ils ont toujours eu la principale part aux comptes qu'on rend des revenus des liôpilaux ; ils i)résident aux assemblées qui se tiennent à

ce sujet; ils arrêtent les comptes avec les magistrats de*^ villes; ils règlent seuls ce qui concerne le spirituel ^ » Ces droits leur avaient été solennellement reconnus par l'édit d'avril 1695 (art. 20). A côté d'eux, des représentants de leur chapitre et des ctrés siégeaient dans ces conseils; d'autre part, lorsque l'hôpital était paroissial, le curé faisait toujours partie de son administration ^.

Les évêque ne se contentèrent pas de participer à l'administration des hôpitaux: il les enrichirent encore de leurs dons. Le feu ayant détruit une partie de l'Hôtel-Dieu de Paris, l'archevêque Christophe de Beaumont lui abandonna le terrain de l'ancien hôtel deSoissons qu'un procès récemment gagné venait de lui adjuger; cela représentait un don de 500.000 livres ^. Des Nos, évêque de Verdun, dépensa 130.000 livres pour la maison des Filles de la Charité * ; à Belley, du Dousset fit tant pour l'hospice qu'on le surnomma le père des pauvres ; à Langres, de La Luzerne contribua largement à la reconstruction de l'hôpital. Beaucoup d'évéques constituèrent légataires universels les hôpitaux de leur ville épiscopale; ce furent par exemple Menou de Charnisay, évêque de La Rochelle, Beauteville, évêque d'Alais, Massillon, évêque de Clermont, de Pérouse, évêque de Gap. de Langle, évêque de Saint-Papoul qui laissa ainsi aux malades 500.000 livres (plus de 800.000 fr. d'aujourd'hui), de Rochebonne, évêque de Carcassonne, de 'lilladet, évêque de Mâcon, qui laissa 800.000 livres (plus de 1 million). Après avoir restauré l'Hôtel-Dieu, de Barrai, évêque de Castres, rédigea ainsi son testament ; « Je nomme et institue pour mes héritiers universels et

I. DE HÉuicoLRT. Les lois ecclésiastiques de France (1750), p. 6^3.

a. Voir plusieurs exemples à Tours, Moulins, Toulouse, Brest, Saint-Papoiil, Nantes, Clermoiit-Forrand, Rouen. Libourne, Aniicn"^ Issoudun, Sens, Meaux, Bordeaux, etc., dans L.\ll(:m.\nd, op. cit., IV partie, I, pp. SSi-SSq.

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