Ibid., p. liio
t^. ToETET. L'assistance publique à~ Paris, p. CIII.
hospice et le zèle des Sœurs (de Saint- Vincent de Paul) ^ » En 1779, Desbois de Rochefort, curé de Saint-André-des- Arts, avait créé, lui aussi, un hospice dans sa paroisse. Il ne faudrait pas croire que les curés parisiens, en raison de leurs ressources importantes, fussent les seuls à multiplier ainsi les asiles pour les pauvres et les malades. Leurs confrères de province et les congrégations religieuses, sur toute l'étendue de la France, rivalisaient de zèle avec eux. Un jésuite du xvii« siècle, le P. Chaurand, avait organisé, à travers tout le royaume, une œuvre générale d'assistance des pauvres qu'il appela V Aumône gêné' raie et qui dura jusqu'à la suppression de la Compagnie de Jésus. Cela ne l'empêcha pas, avec l'aide d'autres jésuites, de multiplier les hôpitaux, cemme en témoigne cette lettre de M. de Morangis, intendant de Caen au contrôleur général des finances (27 novembre 1683) ^ : « Le P. Chaurand a commencé l'hôpital de Vire ; mais le P. Dunod, jésuite, l'a achevé et a fait ensuite celui de Valognes où jamais il n'y en a eu, ceux de Coutances, Cherbourg, Saint-Sauveur, Granville, Carentan et Thorigny et a rétabli celui de Saint-Lô dont tout le revenu était dissipé ; l'ordre qu'il y a mis est si bon que la mendicité est entièment cessée dans ces villes. Il a même poussé son zèle jusque dans les bourgs et les villages, et ne pouvant y faire des hôpitaux, il y a établi des charités pour les malades et pour les pauvres... Il y a près de 120 villages du diocèse de Coutances où la mendicité a cessé. »
La Normandie ne fut pas seule à bénéficier de ces entreprises charitables des jésuites. Le P. Chaurand alla aussi en Bretagne et dans le Comtat où il fonda des hôpitaux à Avignon, Valréas et Bollène ; en Languedoc et en Provence. Quand il mourut, en 1697, à Avignon, il avait fondé cent-vingt'Six hôpitaux. Auxiliaire et continuateur du
,1. Ibidem : p. CV.