MouRRET. Histoire générale de l'Église, VI, p
3. Dès 1602, la reine de Pologne, Marie de Gonzague, les avait appelées en Pologne, à Varsovie ; quelques années après, en
seulement dans la France, elles avaient 426 établissements charitables ^. En 1785, un conseiller au Châtelet leur rendait ce témoignage : « Se dévouer par état au soulagement de toutes les espèces de maux qui affligent l'humanité ; exercer la charité dans l'esprit et de la même manière que Jésus- Christ Ta exercée ; ne redouter ni l'air contagieux des hôpitaux, ni les horreurs inséparables de ces séjours funestes des maladies) et de la mort ; dans les villes et les campagnes, dans les hôpitaux et dans les maisons des particuliers, dans les armées et dans la retraite, conserver toujours la régularité, la décence, la modestie du caractère parfait de la charité ; au milieu des exercices pénibles et multipliés de ce saint ministère, vivre avec autant de recueillement que dans la solitude la plus profonde ; dans tous les hommes voir autant de frères et s'estimer heureuses d'être appelées les humbles servantes des pauvres, tel est le tableau fidèle des vertus que nous offre sans cesse cette admirable société que Vincent de Paul laisse à la postérité comme le témoignage le plus certain de la charité qui ne cesse de le consumer pour le bonheur de ses frères '^. »
A côté des Filles de la Charité ou Sœurs de Saint- Vincent de Paul citons encore :
Les Sœurs de Saint-Charles de iVancy, établies de 1663 à 1679, « pour se dévouer au soin des malades et même des pestiférés », comme le disait un de leurs vœux. Elles se répandirent en Lorraine et dans les provinces limitrophes. Elles desservaient, au xviii^ siècle, les hôpitaux de Bar-le- Duc, Remiremont, Mézières, Sainte-Menehould, Château-
iGSy, on les demandait à Madagascar et elles y allaient. Emm. de Broglie, La vénérable Louise de MarilUic, p. aoa.
1. Aujourd'hui le nombre des Sœurs de Charité s'élève à a4.ooo, réparties on S.ooo maisons dispersées sur le monde entier. Emm. DE Bhoglie, op. cit., p. 3i4.
a. Cité par Lallemand, op. cit.f IV, partie I, p. ttli.
S'iH HISTOIRE PARTIALE, HISTOIRE VRAIE
Porcieu, Lefol-le-Grand, Saint-Epvre, Gerbeviller, Pont-à- Mousson ^
Les Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve fondées, vers 1060, à Lamballe, par un religieux augustin pour « exercer envers les malades la charité chrétienne, en les assistant et en les excitant à bien mourir, et s'attacher de préférence aux hôpitaux les plus petits, les plus abandonnés, afin de les relever et de les mettre dans un état décent pour en bannir le désordre. » Elles desservaient, sous l'Ancien Régime, les hôpitaux de Lamballe, Moncontour, Saint - Brieuc, Dol, Saint-Malo, Rennes, Pontivy, Noyon, Le Havre, Paris 2, Vitré, Château-Gontier, Dieppe.
Les Sœurs de Saint-Alexis (fondation en 1657) qui non seulement refusaient toute rémunération, mais s'entretenaient elles-mêmes avec les revenus de leurs dotes. Elles desservaient les hôpitaux du Limousin et des provinces voisines (Limoges, La Souterraine, Beaulieu, Saint-Junien, Saint-Yrieix, Turenne). Un administrateur de l'hôpital de Limoges faisait d'elles le ilus grand éloge à l'Assemblée Constituante, le 12 janvier 1791^.
Les Filles de la Sagesse dont la congrégation fut fondée, après 1703, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, par le Bienheureux Grignion de Montfort, s'étaient surtout répandues dans le Poitou.
Les Augustines de la Miséricorde de Jésus desservaient un certain nombre d'hôpitaux de Bretagne ; et ainsi, à peu près chaque province avait ses Sœurs rivalisant de zèle, sur un champ d'action plus restreint, avec les religieuses du grand Ordre des Filles de la Charité. Lorsque Je décret du 18 avril 1792 prononça la dissolution des Communautés charitables, 14.000 Sœurs hospitalières, Augustines, Sœurs de Saint- Vincent de Paul, de Saint-Louis, de Saint-Charles,