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Histoire de l'hellénisme en France, pp. 54 et

Nous revienrirons sur les Jésuites dans un chapitre spécial sur luur histoire sous l'Ancien Répime, qui paraîtra dans le tome IV d'Histoire partiale, histoire vraie.

M. de laMarche consacra 400.000 livres (environ 7O0.OO0fr.) à la construction et à la dotation d'un beau collège qui existe encore et qui avait, en 1789, 500 élèves. Chateaubriand fit ses études au collège de Dol que venait de restaurer l'évêque de Hercé ; en 1775, de Garlaye, évêque de Clermont, sauva les collèges de Billom et de Mauriac dont la suppression était décidée et qui cependant avaient, en 1789, le premier de 300 à 400 élèves et le second 400. En 1789, le collège d'Auch, « doté et sanctionné par les évéques de cette ville, jouissait de 33.000 livres (environ 50.000 fr.) de revenus i. »

Le chapitre suivant consacré à l'Instruction i opulaire, nous prouvera que, sous l'Ancien Régime, l'instruction des humbles préoccupa, au même titre que celle des classes moyennes et supérieures, les évêques et le clergé séculier et régulier.

Vivant à la campagne, au milieu des agriculteurs, les curés se sont intéressés au relèvement matériel des classes rurales. Plus instruits que les populations qui les entou-

1. Tous ces ciliffres sont empruntés au chapitre de M. Sicard sur les Évêques et l'instruction publique, dans son Histoire de l'ancien clergé de France. Voici quelques chiffres montrant combien était nombreuse la population scolaire de beaucoup de ces collège au xvHie siècle : Collège de Rouen, Avranches, Clermont, 8oo élèves ; les deux Collèges de Poitiers (Sainte-Marthe et les Dominicains)^ 7^0; Valognes et Gahors, 600; Auch 5oo à 600 ; Limoges et Quimper, iioo à 5oo ; Mayenne, 45o; Nantes, Château-Gontier, Périgueux, Aurillac, Valenciennes, La Flèche, Sorèze, jjoo; Avignon et Châlon-sur-Saône, de 3oo à lioo ; Ancenis et Nancy, de 3oo à 35o ; Troyes, Saint-Gaudens, Magnac, Pont-à-Mousson, Le Gâteau Hebais, Juilly 3oo ; Riom, Alais, Béthune, de aoo à 3oo; Nevers, a5o. (flnquôtes de 1 791-1792 et de l'an IX publiées par l'abbé ALLA.IN dans la Revue des Questions historiques, juillet 1891.) A Lyon, les deux collèges de la Trinité et de Notre-Dame comptaient de 800 à 900 élèves pour une population qui était alors de 100.000 hab. (BoNjiEL, Histoire de renseignement à Lyon avant la dévolution.)

A QUOI SERVAIKM' LES BIENS DU fLERCÉ »{.'»!

raient, au courant plus qu'elles des découvertes scientifiques, ils initiaient les cultivateurs à leurs applications. C'est ce que faisait remarquer à la Constituante le député Ellen d'Ogier, dans la séance du 11 avril 1790. « C'est chez les curés, disait-il sans soulever la moindre contradiction, que s'essaient les découvertes rurales repoussées par l'habitude et la routine. La Société d'Agriculture regarde les curés comme un grand moyen de succès pour l'agriculture. » Le 12 avril 1790, un curé député insistait sur cette observation : « L'agriculture a dû beaucoup aux curés de campagne. Je ne sais rien qui doivent plus occuper les curés de campagne » Enfin, le plus célèbre des curés qui entrèrent à la Constituante et jouèrent un grand rôle au cours de la Révolution, Grégoire, développa, grâce à son expérience, cette thèse et la confirma de nombreux exemples ^ « Seul, disait-il, le curé est l'organe qui puisse transmettre à l'ignorance les inventions, les découvertes et substituer aux préjugés des notions saines. Il explique, fortifie ou rectifie la théorie par la pratique, hasarde des avances, fait ou répète des essais. Le cultivateur serait ruiné ou découragé s'il échouait dans les premières tentatives; le curé lutte contre les diflBcultés, court les chances de nouvelles expériences et se croit dédommagé si de dix une seule lui réussit. Il érige des ateliers, distribue des prix, éveille la curiosité et couronne l'industrie. Un champ ruiné devient sous sa main une riante prairie, un sol fangeux est affermi, un marais saigné (sic) se couvre de moissons et enfin, le paysan abjure l'habitude lorsque des succès répétés sous ses yeux, sur le même sol, ont éclairé son esprit et attisé son activité. Ainsi, j'ai vu beau coup de curés répandre autour d'eux des vues nouvelles, introduire l'art de marner, la culture des colzas, des navettes, la plantation des peupliers, perfectionner la vigne et la manipulation des vins, former des prairies artificielles.

I. Discours lu à la séance ilu ii avril 1790. Moniteur, à cette date.

Leur exemple, bientôt suivi, a hâté les progrès de l'agronomie et rendu les campagnes plus florissantes. » A l'appui de ces affirmations, Grégoire citait les cas suivants : « M. Bralle, curé de Terri, près d'Amiens, a trouvé un procédé particulier pour rouir le chanvre et lui donner un plus grand degré de finesse; M. Breluque, curé de Chargey-les- Ports-sur-Saône, par Vesoul, a perfectionné différents procédés d'économie rurale et employé avec succès le sarment de vigne écrasé pour la nourriture des bêtes de somme ; M. Pressac de la Chaynaye, curé de Saint-Gaudens, près de Civrac-en-Poitou, correspondant de la Société d'Agriculture, a obtenu, pour ses travaux sur l'agriculture, en 1788, une médaille de la Société; M. Chaix, curé de Baux, près de Gap, est très connu par ses découvertes en botanique; M. de Larbre, curé delà cathédrale, directeur du jardin de botanique à Clermont-Ferrand, est connu par ses travaux en botanique et plusieurs observations d'économie rurale... »

Grâce à cette action sociale qu'il exerça, à tous les degrés de sa hiérarchie, le clergé de l'ancienne France gagna et conserva, jusqu'à la Révolution, la confiance du peuple. On a parlé d'un anticléricalisme paysan se manifestant à la fin de l'Ancien Régime et préludant aux violences irréligieuses de la Révolution. Pour lui donner une certaine apparence, on peut trouver dans les archives des procès engagés au sujet des dîmes et des droits paroissiaux, entre certains curés et leur population ; on peut alléguer des conflits parfois violents qui ont éclaté, sur plusieurs points du territoire, entre le clergé et le peuple. Mais ces faits, outre qu'ils sont peu nombreux, ne tiennent pas devant trois constatations d'une portée générale.

La première c'est la sympathie qu'aflichèrent certains philosophes du xviii^ siècle et en particulier Voltaire pour les curés de campagne. Comme ils ne la leur donnaient pas en raison de leur ministère surnaturel qu'ils estimaient une œuvre de superstition, ils la leur témoignaient, d'une

manière plus ou moins sincère, parce qu'ils constataient à leur endroit la sympathie populaire qu'il ne fallait pas heurter. Ils espéraient se rendre populaires eux-mêmes en affichant de l'intérêt pour le has clergé.

Une autre preuve de l'action sociale des curés et de l'influence qu'elle leur valut, c'est ce fait que Turgot fit appel à leur coopération pour la mise en pratique de ses réformes. Il les chargeait de ses enquêtes sociales ; il leur demandait d'instruire l'opinion de ses projets et de les lui faire accepter, montrant par là qu'il avait confiance à la fois dans le zèle éclairé des curés et dans l'action qu'ils exerçaient sur les masses.

Enfin, il est une dernière constatation, encore plus importante, qui prouve que le haut clergé lui-même, malgré son faste et ses origines nobiliaires, avait gardé la confiance du peuple. Lorsque l'Assemblée Constituante eut renouvelé l'administration, remplacé les provinces par les départements et réorganisé les communes, le personnel administratif de la France fut complètement renouvelé et ce fut l'élection populaire qui choisit les chefs des départements, des districts et des communes. Or ce fut dans les rangs du haut et du bas clergé que le peuple alla chercher les nouveaux administrateurs du pays. Un grand nombre d'évêques furent placés à la tête de leur propre département. Dans une étude fort documentée intitulée Un Régime qui commence, M. le Chanoine Ricaud a raconté les élections qui constituèrent, en 1790, l'administration centrale et locale du département des Hautes- Pyrénées. Nous y voyons que, parmi les 18 notables de la ville do Tarbes, élus le 12 février, figuraient l'archiprêtreCastéran et le curé de Saint Jean, que le même archiprêtre Castéran fut nommé procureur-général syndic du département et cumula ainsi les fonctions de vicaire-général avec celles d'administrateur général du département ^ Des faits de

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