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gramme, dressé quelques-unes de ses méthodes ; mais il a institué aussi l'école des maîtres, où les futurs instituteurs reçoivent une éducation professionnelle et se préparent à leur grande tâche^. »

L'œuvre de Démia ne tarda pas à rayonner dans toute la région lyonnaise. En 1675, il envoya un de ses instituteurs au curé de Saint-Etienne, pour créer dans cette ville une école de garçons; une seconde école des pauvres fut fondée à Saint- Etienne en 1683; enfin, en 1687, un Bureau d'éducation, calqué sur celui de Lyon, y fut établi pour veiller à l'instruction du peuple. Mêmes créations à Bourg en 1685-1688. Bientôt, on demanda de tous côtés à Démia des maîtres et des maîtresses. Il en envoya à Rive-de-Gier, Villefranche, Saint- Rambert-en- Forez, Saint- Chamond, au Chambon. D'autre part, des maîtres et des maîtresses lui vinrent d'Autun, d'Embrun, de Grenoble, de Chalon-sur-Saône, d'Agde, de Toulon, pour recevoir de lui ses méthodes et les rapporter dans leurs pays ^.

L'œuvre de Démia se perpétua jusqu'à la Révolution. En 1789, Lyon avait 27 écoles gratuites de filles et de garçons administrées par le Bureau, et instruisant de cinq à six mille enfants ; quatre écoles de travail recevaient les jeunes filles ; enfin cinquante maîtres et cinquante maîtresses enseignaient dans des écoles primaires payantes^. Les écoles fondées par Démia ou, sur son impulsion, dans le Lyonnais, le Beaujolais, le Forez, les Dombes, la Bresse et le Dauphiné, s'étaient multipliées, au cours du xvm® siècle ; car des maîtres laïques, des religieux et des religieuses de différents ordres avaient

I. CoMPATRÉ, Ihid.fp. ii3. Tous Ics tilrcs concemant Ics petites écoles cl le bureau d'éducation de Lyon sont conserves aux Archives du niiônc, série D, nos 338-ji/i8.

a. Ihid., p. 73.

3. Buisson, DirAionnaire de pédagogie, arlicle Lyonnais, par Philippon.

l'instruction populaire avant la révolution 370

rivalisé de zèle avec les petites écoles dépendant des bureaux d'éducation modelés sur celui de Lyon. Les Capucins avaient une petite école à Tarare ; les Frères des Ecoles chrétiennes s'étaient répandus dans tout le diocèse de Lyon ; les Sœurs de Saint-Joseph, créées au Puy par l'évêque de Maupas, avaient, de leur côté, ouvert un grand nombre d'écoles pour les filles^ Aussi un inspecteur primaire de Lyon, devenu plus tard député radical, M. Cuissart, a-t-il pu écrire, après avoir étudié les écoles primaires de Lyon avant 1789, qu'elles formaient « une organisation puissante, disposant de grandes ressources » et que, dans l'ensemble du diocèse, « elles étaient nombreuses^ ».

Dauphiné. — La sollicitude dont faisait preuve, en faveur de l'instruction populaire, l'archevêque de Lyon, protecteur de Démia et de ses continuateurs, nous la retrouvons en Dauphiné chez le cardinal Le Camus, évêque de Grenoble, de 1681 à 1707. « Il donna tous ses soins à la fondation des petites écoles pour les enfants du peuple et il veilla attentivement à ce qu'elles fussent tenues par des maîtres recommandables'. » Dans ses ordonnances synodales, il proscrivit la coéducation des sexes et exhorta vivement son clergé à multiplier, dans leurs paroisses, des écoles distinctes pour les filles et les garçons. < Conformément aux décrets des Conciles, aux arrêts de Louis XIII, aux déclarations des rois et aux arrêts des Cours supérieures, nous défendons aux maitrcs d'école d'enseigner des filles avec des garçons, sous quelque prétexte que ce soit ; mais les écoles de garçons seront tenues par les hommes et les filles seront instruites dans une école séparée, par quchpies filles ou femmes de piété... Nous exhortons les curés à s'appli-

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