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I . Ibidem, p

3. Rappelons, avec M. Lacroix, que les autres communes de rarroridisseinent pouvaient avoir leurs écoles; si on n'en a pas fait mention, c'est que leurs archives ont disparu.

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Provence \ écrit-il, qui n'aient des collèges pour l'éducation de la jeunesse; les plus petits villages ont leurs écoles. Ces établissements, trop multipliés, sontphitôtun mal qu'un bien ; ils enlèvent à l'agriculture et aux arts beaucoup de bras qui leur seraient utiles. Les écoles des Frères de la Doctrine chrétienne occasionnent surtout ce préjudice à la Société. Elles font plus; c'est qu'en recevant les enfants des paysans, elles dépeuplent les campagnes... La rareté des paysans vient autant de ce que la plupart, sachant lire, écrire et chiffrer, dédaignent leur état, que de ce qu'ils gagnent assez pour acheter des biens-fonds'-. »

Comme le leur reproche Bouche, ce furent les Frères des Ecoles chrétiennes qui contribuèrent le plus à cette multiplication des écoles en Provence. En 1702, ils furent appelés à Avignon par Jean-Pierre de Madon, seigneur de ChAteau-Blanc, trésorier du Pape dans le Comtat. Envoyés par saint Jean-Baptiste de la Salle, ils ouvrirent leur première école, en 170:}, avec la protection du vicelégat et de l'archevêque. D'Avignon, qui « devint de bonne heure comme un second centre de l'Institut, les Frères se répandirent dans tout le midi de la France. Pleins d'admiration pour eux, deux riches négociants de Marseille, Gabriel Moulet et Jourdan, les faisaient appeler ù Marseille. Cette ville possédait déjà des écoles de charité sur les paroisses de la Major, de Saint- Laurent et des Accoules; les Frères en fondèrent une

I. Dans cette expression, l'auteur comprend aussi le Gomlat Vtnaissin, la principauté d'Orange et le Comté de Nice, comme faisant partie de l'ancienne Provence.

a . Descrlplion fdstorique, (jcoijraphique et topographique des villes, bourgs, villages et luimeaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté Venaissin, de lu principauté d'Orange, du Comté de Nice, pour servir de suite au Dictionnaire de la l'rovcncc, par M. AcharJ, médc i in de .Marseille, précédé d'un l)iscuurs sur l'état actuel de la Provence, p:ir M. bouche (.\ix, 17^)7, in-^), p. i^a.

quatrième à Saint-Laurent en 1706; en 1727, seize d'entre eux (Urigaient les cinq écoles de la ville et celle de l'hôpitaP. » Un autre disciple de saint Jean-Baptiste de la Salle, Frère Albert, ouvrit, en 1705, une autre école à Valréas, petite ville du Comtat^. L'impulsion donnée par les Frères à l'enseignement se propagea dans les campagnes, et les écoles se fondèrent, au cours du xvim*^ siècle, jusque dans les hameaux.

L'un des historiens les plus érudits de la Provence, M. de Ribbe, termine ainsi une de ses études : « Dès l'époque où les budgets communaux sont dressés en Provence pour la liquidation des dettes locales, nous ne voyons pas une commune qui n'ait son maître on son régent d^école. Nous avons consulté un grand nombre de ces budgets et nous les avons même tous recueillis^pour certains cantons. Ils portent annuellement et invariablement une allocation pour le maître, quelquefois pour une maîtresse chargée de l'instruction des filles^. » M. l'abbé André a fait les mêmes constatations pour le Comtat Venaissin. « Le moindre village, dit-il, avait son « régent des escholles » nommé par le « parlement de la Communauté, eslu par tous les possédants bien. » A la fin du xviii« siècle, la gratuité fut établie, en certains lieux, moyennant 1501ivresd'honorairespourletitulaire'*. » Le principe de la gratuité est formellement proclamé dans le règlement des écoles de Toulon du 26 mars 1764, conservé aux Archives municipales de Toulon. « Les maîtres, dit l'article 12, ne pourront recevoir directement ni indirectement, soit des enfants, soit de leurs parents

I . GuiBERT. Histoire de saint Jean-Baptiste de la Salle, pp. 353 et

a. Jbid., p. /i33.

3. Ch. de Kibbe. Les familles et la Société en France avant la Révolution pp. 287-288.

li. AixAiN. L'Instruction primaire en France avant la liévolution, y. 86.

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ou amis, ni salaires, ni dons, ni gratifications quelconques, sous quelque prétexte ou quelque dénomination que ce puisse être, à peine de révocation ^. « Dès 1C47, les deux régents de Borraes étaient tenus « de prendre et enseigner les pauvres enfants orphelins qui voudront aller à l'école, sans rien leur faire payer. » « A Evenos, le régent avait, en 1683, 123 livres de gages pour enseigner la jeunesse « sans aucun frais de la part des enfants. »... « Au Castellet, la gratuité absolue avait été établie par une délibération du 25 octobre 1739... Le Conseil de Puget- Ville décida, le 27 février 1780, qu'il serait payé à l'avenir 300 livres de gages au régent, sans qu'il pût exiger aucun salaire des écoliers-. »

Languedoc. — Au xvii® et au xviii*^ siècle, les évoques du Languedoc montrèrent une sollicitude toute particulière pour l'instruction populaire. « Elle n'est ni de bienséance, ni d'institution humaine, mais de droit divin et de précepte indispensable », disait Fléchier, évêque de Nîmes ^. t L'éducation de la jeunesse, écrivait Charency, évêque de Montpellier, est notre première obligation, notre principale préoccupation. » « L'instruction des enfants, écrivait Georges de Souillac, évêque de Lodève, est le service le plus important que l'on puisse rendre à l'Eglise, et l'un des principaux devoirs de l'Evêque doit être de cultiver ces jeunes plantes *. » Phélippeaux, évêque de Lodève, écrivait, dans une ordonnance de 1693 : « Nous ordonnons que les curés et vicaires perpétuels procureront, dans leur paroisse, un maître et une maîtresse d'école^. » « Dans chaque lieu considérable où

I. BoL'RRii.LT, inspecteur de l'enseignement primaire. L'instruction publique dans la région de Toulon sous l'Ancien liétjime. p. 8a. a. Ibid., p. 77.

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